Dcnnis, I, p. .330..3.3.'î. Voir p. 415, fig
2. Peintures aujourd'hui détruites. C'est la première tombe à peintures qui ait été trouvée en Étrurie. Cayins, Aniiq. éijypt. clriisq., IV, p. 110.
ART KTItUSQCE.
Winkelmann, Ilist. <le l'art, I, livre III, chap. II § S.'!, 21. Inghirami Moiium. etnisdii, IV, 6. Dennis, I, p. H39-3i'>. Dessins dans Byres, Ili/jwi/œi or tlie sepi(lc7tral caverns of Tarquiiùa, Londres, IH'Z.
LART ETRL'SQUE.
escortés par des génies ailés, peints les nns en rouge avec des ailes blanches et les autres en noir avec des ailes rouges: les démons noirs menacent, brandissent leur maillet, poussent les retardataires, tandis que les autres semblent s'interposer et chercher i\ adoucir pour les victimes les rigueurs de ce sinistre voyage [ûg. 267).
Fig. 368. — Thésée et FirithoUs aax enfers menacé» par le démon Tucnlcba. Tombe dtU'Ono 1 CornMo. Monumenti, IX, pi. XV, 6.
Cv Légendes grecques. Les mythes grecs ne sont représentés que jiar un petit nombre de tableaux. Dans la tombe deJl' Orcv, après une première chambre qui ne contient qu'une scène de banquet, quelques génies et des portraits, on entre dans une seconde chambre qui vous transporte dans le monde héroïque. Il n'y a i>as s\ se tromper sur le caractère des figures, les noms des personnages étant écrits sur le mur. Voici d'abord Hadès {Aita) assis sur son trône, ayant A ses côtés Proserpine debout (Phersipnei) et donnant ses ordres i\ l'un
396 L'ART ET li US QUE.
de ses ministres, qui n'est autre que Gérjon {Kehin oit Geru»), le géant à triple tête. Un groupe analogue, mais sans Géryon, se retrouve dans les tombes Golini à Orviéto ' et Campanari à Vulci ". Voici d'autre part Memnon {Memrun)^ l'omVire de Tirésias {hinfliial Teriasals) et peut-être Ajax {Eivas). Plus loin, sur une fresque aujourd'hui fort endommagée, sont deux jeunes gens assis l'un en face de l'autre et menacés par im démon, Tufulchn , qui cherche à les épou- \anter par ses cris et en brandissant des serpents sur leurs tètes (fig. 268). L'un de ces jeunes gens est Thésée {Thèse) ; l'autre, dont lo nom a disparu, ne peut être que Pirithoiis, l'ami de Thésée, descendu avec lui aux enfers pour enlever Proserpine. Ce n'est pas tout : dans une sorte de niche se voit une scène célèbre de l'Odyssée, Ulysse ( Uthuste) enfonçant un pieu dans l'œil du (,'yclope ( Cuclii).
Dans la tombe François, à Vulci, on observe les sujets suivants : la mort de Cassandre (Casntra), égorgée par Ajax (Aivas) aux pieds de la statue de Pallas; le duel d'Etéocle et de Polynice; Amphiaraùs et Sisyphe aux enfers; Nestor (Xestur) et Phœnix [J'/titnu's); le sacritice des prisonniers troyens {Trm'als immolés par Achille [Achle) aux mânes de Patrocle [hinthwJ Putruhhs) en présence d'Agamemuon {Achmemrun) et des deux Ajax (fig. 26'.').
Enfin les sarcophages de Cornéto en marbre peint |)résentent l'un un combat de Grecs et d'Amazones\ l'autre une scène analogue, plus un massacre de prisonniers troyens.
Dans ces tableaux mythologiques tout n'est pas grec : au milieu de ces divinités et de ces héros helléniques ap])araissent des figures qui appartiennent en propre au symbolisme de l'Etrurie ; c'est par exemjile, auprès de Thésée et de Pirithoiis, le génie Tac nicha , sorte de Cliaron, une des plus hideuses conceptions de la démonologie étrusque avec ses ailes et ses cheveux hérissés de serpents, avec son énorme bec d'aigle qui lui sert en même temps de nez et de bouche, avec ses gros yeux et sa physionomie grimaçante; c'est encore, sur la fresque de \'ulci, les deux génies qui se tiennent derrière Achille, tandis qu'il plonge son
1. ConMtobilc, rUture murait, pi. XI. | .t. Voir, p. 1 ir.fig.S'JS, un épisode decc comUt,
2. Dcnnis, I, p. 4CC. | eniprunti' au e.ircoi)lingc de Florence.
LA PEINTURE
épée dans la gorge d'un Troyen. L'un est Charon ( Charu) : l'affreux vieillard au nez crochu, au teint bleuâtre, avec sou maillet dans la main droite, est là qui guette le dernier soupir du Troyen : c'est une
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Fig. 270. — Mastnia délivrant Caile Vipinas. Fresque de la tombe François k Vulci. Noël des Vergers, III, pi. XXVII.
proie ù saisir et vers laquelle il étend la main. L'autre est une fennne ailée, au regard doux, quelque génie bienfaisant : d'un geste paisible elle se tourne vers Charon, cherchant à retenir son impatiente avidité, comme un ange de la vie qui disputerait les hommes au démon de la mort. On pourrait encore citer d'autres exemples analogues. Mais nous avons dé^jà parlé de ces combinaisons do la mythologie étrusque avec la
mythologie grecque en étudiant les bas-reliefs des sarcophages et des urnes. Qu'il nous suffise de les signaler encore une fois ici et de constater qu'elles existent dans la peinture comme dans la sculpture.
7° Légendes étrusques. A côté de ces compositions hybrides , la tombe François nous olïre plusieurs scènes de bataille et de carnage qu'il est impossible de rapporter à quelque légende grecque, et dont le sens nous échappe, malgré les inscriptions qui désignent les personnages.
Peut-être se rattachent-elles aux légendes nationales, au passé héroïque de l'Etrurie. Une seule a pu être expliquée.
On y voit un prisonnier apj^elé Caile Vipinas que délivre un personnage du nom de Mastrna (fig. 270}. Or voici ce qu'on lit dans le discours de l'empereur Claude aux Lyonnais, discours dont le texte a été eu partie retrouvé ' et que Tacite a résumé :
i( Entre Tarquin et sou fils ou son neveu, — car les auteurs ne sont pas d'accord sur ce jioiut, — se place Servius Tullius.
D'après nos historiens, ce prince aurait eu pour mère une esclave appelée Ocrisia ; mais les traditions étrusques nous disent qu'il fut le compagnon fidèle de Cœles Vibenna, qu'il partagea toutes ses aventures, qu'après mille vicissitudes il sortit de l'Etrurie, vint occuper avec les débris de l'armée de Cœles le mont Cœlius (ainsi appelé 5\ cause de Cœles) et qu'il changea son nom étrusque de Mastarna eu celui de Servius. » Nous aurions ainsi sous les yeux dans la fresque de Vulci un épisode de l'existence agitée des doux amis. C'est
Fig. 271. — rortrait (l'Amth Velchoa. Tombe iWC Oreo, à Cométo. .VonuiiKtill, IX, pi. XIV".
1. Sur dos tables (le bronze, qui «ont .lu niiucc | dnnU rvmniut, III, p. ■JSI.'J'.'O, j.l. XIV, Voir de Lyon. Texte dans Desjardinf, Gicgraphie Je la \ Tacite, .lnna/«, XI, 24.
LA PEINTURE
là du reste le seul exemple de légendes italiques que les peintures étrusques nous aient conservé '.
8" Portraits. On rencontre parfois, peintes sur les parois des tombes étrusques, des têtes humaines d'un type si individuel qu'il est naturel de les considérer comme des portraits. C'est le cas de deux belles figures qui sont dans la tombe deW Orco à Cornéto". Du reste, pour préciser l'individualité de ces figures, le peintre a eu soin d'inscrire leurs noms : la femme s'appelait Arnth VeJclms (fig. 271). Ce sont encore des portraits sans doute que les deux personnages princij)aux
Fig. '112. — Paysage avec ijécbeurs et cbasseur. Tombe â'i cncciatvri, à Com.'to. Monumend, XII. pi. XIV
du défilé de la tombe del Tifone '' ; au milieu de la foule anonyme dont la fresque présente la morne procession, seuls ces deux personnages ont un nom. On peut en dire autant de la figure d'homme debout dans un char triomphal de la tombe GoHni à Orviéto '. Enfin il est difficile de ne pas considérer comme des portraits certaines têtes isolées qui sont peintes dans ame tombe de Bomarzo '', On s'expliquerait difficilement d'une autre manière l'attention avec laquelle on les a mises en évidence sur la paroi qui fait face à la porte, au-dessus du lit funéraire qui occupe la place d'honneur : on a voulu
1. Gardthaujeii, Maatarna oJer Sereiu-i Tullhis, p. 30 et suiv.