I. Voir )j1us haut, p. 4-13, fig
I 2. Overbeck-Maii, Pomjxi, p. 137
532 LAKT ETRDSQUE.
Parmi les ustensiles il me reste à signaler le magnifique lustre du musée de Cortone, objet unique en son genre, et que Ton peut considérer comme le chef-d'œuvre de la métallurgie étrusque. Il se compose d'une cheminée conique, destinée à être attachée par une chaîne au plafond d'un temple ou d'un tombeau, et s'évasant à la base eu une large cuvette circulaire ; tout autour de cette cuvette se détachent seize cuvettes plus petites, ovoïdales, qui toutes communiquent avec la grande et s'y alimentaient d'huile comme dans un réservoir. Chacune de ces petites cuvettes était une lampe. Elles sont séparées les unes des autres par un masque de Bacchus barbu et cornu, qui fait également saillie sur la circonférence du lustre. Extérieurement elles sont décorées de palmettes et de motifs en forme d'S couché. Le dessous du lustre est très richement historié, ce qui prouve que l'ensemble était fait pour être vu de bas en haut (rig. 368). Au centre, juste sous la cheminée , un médaillon concave présente un masque de Gorgone , la langue pendante, les cheveux entremêlés de serpents. Ce médaillon est encadré d'une bande, bordée d'oves et de jK-rles, oii des lions, des panthères, des griffons s'attaquent deux par dt-ux à un cheval, un bœuf et un cerf; autour de cette bande court une rangée de postes avec des dauphins; enfin vient une série de figures accroupies sous les petites cuvettes et représentant alternativement une Harpie aux ailes ouvertes et un Silène nu jouant de la double flûte. Tout cela est très heureusement combiné et d'un liel effet décoratif. Malgré des archaïsmes de détail qui s'expliquent par la persistance de certains types dans les ateliers, le style est celui des œuvres de l'art étrusque hellénisé tel qu'il fleurit au troisième siècle avant .T.-C. '.
§ 4. — i.Es cisTr.s.
On désigne sous le nom de cistes des Imites de diverses formes, mais 11- plus ordinairement cylindriques, faites en osier, en bois, eu ivoire
I. ItulUlino, 1810, p. 104. Annal,, Ixlî, p. 58; li»l.%p. 3.M. Mmmmrnli, III. |.l. XLT. XLII.
LA METALLURGIE.
OU en métal. Quelques-unes servaient en Grèce à des usages religieux ' , pour porter par exemple les objets nécessaires à un sacrifice. Mais la plupart étaient des meubles de toilette : c'est là que les femmes enfermaient leurs miroirs, leurs peignes, leurs fioles à i)arfums, leur fard, leurs bijoux'-.
Avant le septième siècle, on ne rencontre pas de cistes en Toscane. Les plus anciens exemples qu'on en puisse citer sont les deux cassettes plaquées d'argent qui ont été trouvées à Palestrina et à Yétulonia , ainsi que quelques restes d'un coffret plaqué d'ivoire provenant d'une tombe à corridoio^ ; encore ces olijets sont-ils d'origine étrangère, très vraisemblablement carthaginoise. Il en est de même du morceau de dent d'éléphant taillé en forme de boîte et décoré de figures ciselées qui a été découvert à C'hiusi et dont nous avons déjà dit un mot '.
Quand la mode de ces sortes de meubles se fut répandue, les Etrusques furent naturellement amenés à en fabriquer eux-mêmes. Ils essayèrent d'en faire en ivoire, témoin le seau de Véies, avec des incrustations d'ambre, œuvre d'un art encore imparfait; ils en firent peut-être eu osier, à l'imitation des cistes-corbeilles qui étaient d'un usage courant en Grèce et que les femmes des colons helléniques en Italie avaient sans doute dans leur ménage ; ils en tirent surtout en bois et en métal. Leurs cistes de bois sont toml)ées en poussière; mais quelques-unes qui avaient des appliques d'os ou de métal nous ont laissé quelques restes. C'est ainsi que dans une tombe de Cornéto on a trouvé divers objets de toilette, jadis enfermés dans une cassette de bois dont la place était marquée par quatre pieds sphériques en os et par plusieurs lamelles de même matière provenant du placage des parois '. A Bologne on a recueilli de même ,
1. Sur certains bas-reliefa votifs on voit une procession de suppliants sulTie d'une femme portant une ciste sur la tête (Paul Girard, Askh'pleimi d' Athènes, pi. IV). A Eleusis, une ciste dite mystique servait à dérober au.x regards des profanes certains objets sacrés (Daremberg et Saglio, Dictionn. des antiquités (Cista mystica).