LA CIVILISATION ETRUSQUE AU NORD DE L'APENNIN
style oriental, tel qu'il s'est développé à partir du dixième siècle avant notre ère, tel que nous le connaissons par les découvertes faites en Phénicie, dans l'Archipel, eu Grèce et en Toscane. Il est curieux aussi que les tombes bolonaises ne contiennent aucune poterie rappelant de près onde loin les poteries peintes de la Grèce, poteries de style géométrique ou poteries du style corinthien primitif. De deux choses l'une : ou bien les marins qui s'arrêtaient à l'embouchure du Pô, Phéniciens ou Grecs , gens pratiques par excellence et soucieux de faire le tratic au meilleur compte possible, n'apportaient en Italie que de menus objets, des parcelles d'or ou d'argent, des couteaux de fer et des verroteries de pacotille, parce qu'ils avaient reconnu que les Etrusques de la région n'étaient pas difficiles et se contentaient à peu de frais; — ou bien, après s'être porté pendant (juelque temps vers les côtes de l'Italie septentrionale, le commerce maritime s'est peu à peu détourné de ces parages pour chercher ailleurs, en Sicile, dans l'Italie méridionale, en Campauie, eu Toscane, des marchés plus avantageux. Cette dernière hypothèse pourrait être confirmée par ce fait que plus on avance vers la fin de la période villanovienne, plus l'ambre devient abondant dans l'Etrurie du nord. Si cette matière se répand ainsi dans le pays, n'est-ce pas un signe qu'elle ne trouve plus, autant que par le passé, de débit à l'étranger, et que, par conséquent, il vient moins de marchands pour la chercher à l'embouchure du Pô?
Outre les éléments traditionnels et les éléments importés, on distingue enfin dans la civilisation des Etrusques du nord , pendant la période villanovienne, des éléments empruntés à une civilisation qui se développait en Italie même, dans le voisinage immédiat du Bolo-
. bronze. Musée de Bologne.
Haiiteur, O^.Sl.
sa L'AP.T ÉTRUS'jL"E.
nais, à Ateste. Cette ville était le centre principal d'un peui)le dont on sait d'ailleurs peu de chose, des Enganéens, qui, apr6s avoir occupé toute l'étendue de la Vénétie actuelle, entre la mer et les Alpes, avaient dû reculer devant l'invasion des Venètes lUyriens ' et s'étaient concentrés uu peu au nord de l'Adige , dans la région accidentée qui conserve encore aujourd'hui le nom de CoUi Euffanei. Des fouilles importantes, exécutées en 1881 à Este -, ont fourni un riche matériel archéologique réparti dans des couches de sépultures snpeqtosées, dont les plus récentes sont de l'époque romaine et les plus anciennes correspondent à la première époque des pozzP. Quand on examine la collection des antiquités euganéeuues , il est impossible de ne i)as faire entre elles et les antiquités bolonaises certains rapprochements. De part et d'autre mêmes formes céramiques et métalliques ; mêmes procédés généraux d'ornementation, consistant dans l'emploi des bandes peintes sur les vases ou de motifs estampillés. L'identité n'est pas complète cependant : chacun des deux groupes a sa jihysionomie propre et comporte certains objets caractéristiques. Lequel des deux a réagi sur l'autre? Comme t\ Este, à partir de la jiériode archaïque, ou ne rencontre aucun des objets caractéristiques de la civilisation bolonaise, et qu'au contraire à Bologne on recueille un grand nombre de types proprement euganéens ', il est vraisemblable de j^enser que le commerce allait d'Esté à Bologne et non jtas de Bologne à Este, et que les Etrusques subissaient l'influence des Euganéens. Jusqu'ici cette influence se devine i^lutôt qu'elle ne se démontre; mais s'il faut attendre de nouvelles découvertes pour en déterminer la jiortée avec précision, on peut dès ;i présent l'entrevoir et la signaler.
^ 1*. — l'ÉIÎlODE DE i/aRT (iUKOi-lîoLo.NAI.s.
Jusqu'ici nous n'avons point donné de dates et pour cause. Pendant des siècles les Etrusques du nord ont vécu oubliés dans leurs pau-
1. Tite-LiTO, I, I. riinc III, 20, 1.13, 131. I 8. Zannoni, nli irnri, p. 1..9.
2. .Vo/ij.V, 1882, p. S et iniT. | 4. Z.-innoni, Gli fcori, p. 199, 200, aCT.