Studnic'ka, lalirlmch -It/ ./. arch. tnililiiti
issr, p. i.v.>-ii;s.
il. Selon M. Brunn, il faudrait adopter une date plus basse. Mais sa thi^orie sur la clironologie des vases peints est très contestable, et je m'en tiens aux dates géniralement ncceptoes. Voir Drunn, l'rMemein drr Gctehlchlfler Vasfitmalerri, et Dif A HtffrabtiHf/en drr Ctrtosa,
4. Titc-Live. V, 33, 84. Arch. Xtiliing. 1871, p. 101. Bertrand, Arclirologie crllùiw, p. .I.")'.' et suiv.
LA CIVILISATION ETUrSQUE AU XOIÎD DE L-ArEXXrX. 95
tiou de patriotisme, la disparition de l'art villanovien correspondrait à uu grand événement qui, en substituant une race à une autre, aurait changé la face du pavs. Jusque-là tout serait ombrien, les tombes à incinération, les vases, les bronzes, les bijoux '. La civilisation étrusque ne commencerait qu'avec les tombes à inhumation. Nous serions entraîné beaucoup trop loin si nous entreprenions de discuter eu détail les arguments invoqués par les partisans de l'hypothèse ombrienne. Leur principal argument, pour étalilir qu'il y a deux races succes-
J9. — Passoire bronze. Musée de Bologne.
Hanteur, 0™,33.
lig. 90. — .•^imjjiilun sée de Bologne, teur, 0'",325.
Fig. 91. — Œuochoê de bronze.
Musée de Boloerne. Hauteur, 0",25.
sives, est qu'il y a deux genres de sépultures différents. Or nous avons montré que les anciens pratiquaient indistinctement l'un et l'autre système, que les Etrusques en particulier n'avaient pas à cet égard de coutumes bien arrêtées et que l'usage de l'incinération existait chez eux au même titre que l'usage de l'inhumation. Si le mode de sépulture a changé dans la région circumpadane, cela ne prouve donc pas qu'il y ait eu changement de race. J'ajoute qu'un événement de cette importance, la substitution violente des Etrusques aux Omliriens, se produisant au cinquième siècle, en pleine époque historique, n'aurait pas passé inaperçu. Or aucun auteur ne nous parle d'une
1. Zannoni, Scavi, p. 120 et suiv. Brizio, Gli L'ml/ri nella rer/ioue circiimpadana.
conquête de l'Ombrie par les Étrusques, si ce n'est d'une conquête très ancienne, se rapportant aux temps lointains de la migration étrusque en Italie, antérieure de quelques siècles à la fondation de Rome'. Le souvenir de cette conquête légendaire n'a rien à faire ici, puisque nous sommes en présence de conquérants qui apportent avec eux des vases peints.
Mais alors d'où vient cette subite transformation de l'industrie et de l'art dans l'Etrurie circunipadaiie? Quelles circonstances ont lirusquement renouvelé le monde étrusque dans ces parages? Il me senil'ie qu'il y a une explication toute naturelle. Comme le prouve le mobilier des tombes bolonaises à pozzo,
i li. ii2. — «il*. Ue bronze. ' ,, -in a i •iiiii
Mna:« de Bologne. Han- Ics Etrusqucs du bassm du i G, perdus au tonil de 1 Adnatique ou le commerce méditerranéen ne se portait plus que d'une façon intermittente depuis que l'ambre n'était plus recherché, séparés par le massif de l'Apennin des tribus de leur race que le courant de la migration primitive avait jetées dans la Toscane, n'avaient qu'imparfaitement réussi h sortir de leur barliarie originelle. Ils avaient fait quelques progrès, mais de.s progrès lents et peu considérables. Au moment où la Grèce inq)ortait déjà ses vases ]ieints ilans l'Italie centrale, ils étaient, pour ainsi dire, encore dans l'enfance. Un jour vint où le lien rompu pendant des siècles se renoua entre eux et les Etrusques de la Toscane. Ceux-ci, qui habitaient la féconde vallée du C/«h/s^ qui avaient d'opulentes cités, C<>r(nna ,Arretium, Cïusinm, Pentsia, qui étaient assez puissants à la lin du sixième siècle pour être appelés contre Rome par les Tarquins, se sentant contrariés dans leur expansion naturelle par les progrès de la Ré|>ul)li(|ue romaine, durent se tourner vers le nord et se répandre au delà de l'Apennin. Or ces Etrusques de la Toscane étaient fort avancés dans la civilisation. Par l'intermédiaire des cités maritimes, par la voie du commerce «pii remontait la vallée du Tilire, ils avaient reçu de bonne heure l'éducation de
I. Plice, //. .V.,III, U, 112. Strabon, V, p. ÎU. Titc-Lirc, 17, 19.
rig. 93. — Fibnle d'argent. Moi de Bologne. Longueur, 0",05.
LA CIVILISATIOX ETRUSQUE AU ^'OHD DE L'APENXIX. 97
l'art oriental et de l'art grec : ils étaient en possession de tous les arts et de toutes les industries. Il arriva alors ce qui arrive toujours quand la civilisation rencontre la barbarie : le peuple barbare se transforma rapidement à l'image du peuple civilisé. De même que les Gaulois perdirent en moins d'un siècle, au contact des Romains, leurs traditions, leurs mœurs, leur industrie et jusqu'à leur langue, de même les Etrus(iues du Bolonais dépouillèrent leur liarbarie séculaire au contact des Etrusques de la Toscane. Ils s'assimilèrent si bien aux nouveaux venus qu'il ne fut plus possible de les distinguer, et comme les uns et les autres étaient de même race et parlaient la même langue, la révolution put se faire assez vite pour qu'à distance nous ayons l'illusion d'un peuple disparu remplacé par un autre. En réalité la population est restée la même : elle se présente seulement sous un costume nouveau qui la rend méconnaissable.
Jig. 9i. — >r.iii ,li' inni/o. Nta-ieile Bologne. Hauteur sans l'anse, O^.SO.
ART ETECS<JCE.