Les caractères de ces inscriptions sont ceux
de l'alphabet corinthien.
.•!. Dumont et Chaplain, Céramique!. I, p.
LAlîT ETIUSi^UE.
de races et de violentes factions, surent protiter de ces dissensions intestines pour imposer, soit par la force, soit par la persuasion, leur suprématie, et réussirent à concentrer entre leurs mains les forces jusquelà éparses de l'hellénisme '. Sous leur autorité, que confirnureut deux grandes victoires remportées, l'une par Gélon sur les Carthaginois à Himéra, l'autre par Hiéron sur les Carthaginois et les Etrusques à Cumes, Syracuse, dont ils avaient fait leur résidence, devint la cai»!tale d'un grand empire maritime, qui s'étendit sur les eaux de la mer Tvrrhénienne. Ce fut un brillant foyer de civilisation, dont l'éclat attira de toutes parts les artistes et les poètes; mais ce fut aussi, ce fut surtout un centre commercial. Gélon et Hiéron avaient compris que pour assurer la durée de leur œuvre il fallait avant tout empêcher que l'activité turbulente de leurs compatriotes ne se consumât sur place en querelles de races et de partis ; et que le seul moyen d'arrêter, sinon de guérir, cette incurable maladie de la société grecque, c'était d'occuper par de grands travaux publics une population oisive, de la jeter dans les entreprises maritimes, de la tenir sans cesse en lialeine par le souci de la richesse. Bientôt, grâce à la flotte de guerre qu'ils avaient créée et qui leur assurait la liberté des mers, le commerce de Syracuse se développa d'une manière extraordinaire. L'Étrurie dut recevoir i\ cette époque un grand nombre d'importations syracusaines. ilallieureusemeut ces importations sont difficiles à distinguer, l'industrie sicilienne ne paraissant pas avoir eu un caractère bien particulier : tout au plus pourrait-on reconnaître îi certaines poteries rouges ornées de reliefs, que l'on trouve en Toscane, une origine sicilienne -, et encore est-il vraisemblable que les poteries en question sont antérieures au cinquième siècle. En tous cas, Syracuse entretint des rapjiorts avec l'Italie centrale, car nous voyons les Étrusques adopter à la lin du cinquième siècle le système monétaire des Syracusains' et ceux-ci armer i\ plusieurs reprises des flottes de guerre chargées de ])oursnivre les pirates qui infestent la mer 'J'yrrhéMicniie : ils envoient croiser le long
1. Cnrtiu', Jlitt. grtcjur. trad. Boiiclié-Lcclcrfi. III, p. r.iG et DuiT.