IV PRÉFACE
son nom hiftorique, on comprendra qu'il s'agit d'une des gloires du pays.
Des religieuses de Maeseyck aux Van Eyck, il s'écoulera environ sept siècles; mais, dans la miniature comme dans les premiers essais de sculpture &. de peinture, les archéologues rencontrent déjà le premier trait de l'art flamand : le sentiment du réel.
Dès les premiers siècles de l'Eglise, l'art avait été condamné, traqué, détruit : il avait trop illuftré le polythéisme pour que la religion nouvelle ne vît pas un danger dans ses traditions glorieuses. Quand les peintres &. les sculpteurs, d'abord excommuniés, se risquèrent à reprendre le ciseau ou le pinceau chrétiens, ce ne fut qu'avec des réserves ennemies de l'art. Le symbolisme domina; il lut défendu de représenter Dieu sous la figure humaine, de peur qu'il ne ressemblât à Jupiter. La naïveté des premiers chrétiens des catacombes avait peint le Chrilt en Orphée & en Apollon ; l'Eglise triomphante ne pouvait tolérer cette promiscuité. La beauté physique parut dangereuse, on n'osa donner ni des muscles à la ftatuaire, ni des grâces au corps humain. Le nu, cette beauté supérieure, fut proscrit. Le culte du laid sembla triomphant. La femme, type de grâce & de beauté qui avait représenté toutes les splendeurs & toutes les fécondités de la vie : l'amour, la sagesse, la vaillance, l'agriculture, les arts; Vénus, Minerve, Cérès, Flore, Pomone, les Muses, — la femme, — on alla jusque-là — fut souvent &: longtemps réduite à représenter tous les péchés & tous les vices.
« Qu'elî-ce qu'Homère &. que Platon, s'écrie saint Grégoire de Nazianze, auprès de ces moines héro':-