HARRY BLES
de Patinir, neveu de Joachim, car un peintre de ce nom fut reçu maître dans la gilde St-Luc d'Anvers en 1535. Il séjourna longtemps en Italie. Rien n'est encore plus indécis et plus confus que le catalogue des œuvres grou* pées sous le nom de Henri Blés. On a imaginé un ou même plusieurs pseudo-Bles. Il y a quelques rares œuvres signées et datées cependant (Adoration des Mages à la Pinacothèque de Munich), et l'on s'accorde à attribuer à Henry Blés la petite adoration des Mages du Musée d'Anvers, la nativité de la collection de Sir Herbert Cook à Richmond et quelques autres pages avec des petits personnages dans des architectures à l'Italienne sur des fonds et des paysages composites (Dresde, Rome, Bruxelles).
En fait tout un groupe, toute une école même suit Henry Blés et l'imite avec plus ou moins de talent.
A cause de la singularité de la dénomination et du charme élégant des peintures il faut faire mention de l'artiste que l'on appelle, à la suite d'une traduction maladroite, h maître des demi-figures de femmes. On ferait mieux de dire des femmes vues à mi-corps ou quelque chose d'approchant. Ce peintre a laissé une série de tableaux représentant une ou plusieurs jeunes et jolies femmes, généralement en corsages de velours rubis ourlé d'hermine, occupées de musique ou d'aimables travaux d'intérieur. *
Fut-il Flamand, fut-il Français? Probablement il fut un Flamand — un Bruxellois sans doute — installé en France, peut-être à Tours et travaillant pour la bonne Société du temps de François I**.
Son œuvre principale (type) est à Vienne dans la collection du comte Harrach. C'est une chose charmante. Le peintre n'est pas représenté de façon intéressante dans les Musées publics de Bruxelles et d'Anvers, et c'est là une regrettable lacune. Quelques œuvres de sa main font partie de collections particulières en Belgique.
Lancelot Blondeel
Lancelot Blondeel est principalement connu comme auteur de la cheminée du Franc à Bruges. Il en inventa la composition et en dessina les multiples ornements dans ce style nouveau, inspiré des formes italiennes, que la mode adoptait alors.
Son goût pour l'architecture se manifeste dans ses peintures où des constructions tracées en bistre sur fond d*or envahissent la presque totalité des surfaces en ménageant d'étroits espaces pour les épisodes ou les personnages représentés. Ces ouvrages décoratifs et brillants sont très caractéristiques. Il semble que ces peintures aient été jadis portées comme des bannières dans les processions. On les retrouve à Bruges, inestimable écrin de joyaux de toute sorte, à l'église St-Jacques, à St-Sauveur, au Musée communal, à Tournai (Cathédrale), aux Musées de Bruxelles, d'Amsterdam, etc..
Lancelot Blondeel eut une activité très multiple, il créa des cartons de tapisseries, de vitraux, dessina des modèles pour les sculpteurs, touchant à tout avec adresse et maîtrise.
LANCELOT BLONDEEL 57
Il était né à Poperinghe en 1496. Il mourut à Bruges en 1561.
Pieter Coucke d'Alost (Van Aelst)
P. Coecke (ou Cock) est un émule de Blondeel. Comme lui il eut une production très variée, une aptitude ^uasi universelle de créateur et d'adapteur de modèles. Il fut aussi un des propagandistes les plus féconds du style italianisant. Sa fille épousa Pierre Bruegel le Vieux.
P. Coecke, qui travailla à Anvers, fut voyageur et nomade. Il visita d'abord l'Italie puis Constantinople, Lisbonne, Tunis. On sait que Nicolas Neufchatel (Colyn van Nieucastel), (le Lucidel des allemands) travailla à son atelier avant d'aller faire carrière à Nuremberg.
Le Musée de Bruxelles possède une petite cène de Pierre Coecke, gravée par Goltzius (Pierre van Aelst invenit), qui peut servir de point de départ pour le catalogue de ses œuvres peintes.
Pierre Coecke, né à Alost vers 1505, fut l'élève de Bernard d'Orley à Bruxelles entre 1517 et 1521. Il mourut en 1550.
Lambert Lombard (1505=1566)
Lambert, Lombard est considéré comme le représentant le plus glorieux de l'art Mosan. Les Wallons célèbrent en lui le Maître liégeois le plus éminent. Il est certain que l'artiste qui a peint l'auto-portrait du Musée de Liège (Legs de la Marquise de Peralta) est un homme de premier plan (réplique au Musée de Cassel).
Lambert Lombard est né en 1505, au moment où le Cardinal Erard de la Marck était élu Prince Evêque de Liège et où s'ouvrait une ère nouvelle de paix et de prospérité pour la cité ardente. On sait peu de chose de la formation artistique de Lombard. On suppose qu'il fréquenta des ateliers anversois mais rien n'en apporte la preuve. En 1532 il est peintre du Palais du Prince Evêque. En 1533 il fait un voyage en Allemagne, visite ensuite les Pays-Bas et certaines régions de la France. En Hollande il aurait connu Mabuse et travaillé avec lui (à Middelbourg). En 1535 Lombard part pour l'Italie où il séjourne pendant environ deux ans. Rentré à Liège il travaille pour les églises, crée des modèles de vitraux, manifeste une activité complexe. Malheureusement la presque totalité de ses œuvres ne nous a pas été conservée. De petites compositions provenant d'un retable démembré de l'église St-Denis à Liège et représentant le martyre de ce Saint lui sont, avec très grande vraisemblance, attribuées. L'une d'elles, un panneau peint sur les deux faces, appartient au Musée de Bruxelles... D'autres sont en Angleterre. Elles furent réunies à l'exposition de Londres en 1927. Le style tout italianisant de ces œuvres est caractéristique.
Le Musée de Vienne possède une ou deux peintures de Lombard.
Lambert Lombard fut le maître de Franz Floris, et certes ses enseignements furent — au point de vue de la technique du dessin et de la peinture — excellents, car Floris, de même que son maître, fut un portraitiste de