LES FOURBUS
réduit aux conjectures. Mais le fait qu'il entra à Tatelier de Lancelot Blondeel à son arrivée à Bruges (il épousa la fille de Lancelot Blondeel) me fait croire qu'il était jeune et qu'il fut l'élève de son futur beau-père.
C'est à Bruges qu'il faut venir étudier P. Fourbus l'ancien. La plupart de ses œuvres capitales y ont été heureusement conservées.
Au Musée de la ville les deux beaux portraits de Jean Fernaguut (ou Fernagant) et de sa femme née Adrienne de Buuck, avec leurs beaux noirs, les curieux paysages urbains si documentaires qui se voient derrière les personnages et surtout les visages modelés en tonalités claires et nacrées attestent l'art décisif, le style d'une haute personnalité très caractérisée. Ils sont datés de 1551. '
La même année P. Fourbus, très influencé par les peintres italiens, achevait son « Jugement dernier » conservé aussi au Musée communal de Bruges ; en 1556 il signait sa pathétique « vierge des sept douleurs » (Eglise St- Jacques, Bruges); sur les volets de ce triptyque sont les portraits des donateurs, membres de la famille Van Belle- Ylaert, puis en 1559 sa grande cène (cathédrale St- Sauveur, Bruges) dans laquelle l'Italianisme tel que le Frimatice et l'école de Fontainebleau l'avaient adapté, se marque de façon encore plus décisive.
Une autre « cène » est à l'église Notre-Dame à Bruges, de même que des volets ajoutés en 1573 à la Transfiguration peinte par Gérard David (famille Boëtius).
En 1574 F. Fourbus terminait son triptyque de L'adoration des Bergers, commandé par la famille de Damhou-
dere (Notre-Dame, Bruges) et en 1578 une autre <( Transfiguration » peinte pour la famille Soyer van Maele (Eglise St- Jacques, Bruges). Dans la même église se trouvent encore des scènes de la passion, traitées en grisailles. Enfin la chapelle du Saint-Sang abrite les importants portraits groupés des confrères de la noble confrérie du Saint- Sang.
Si Ton veut examiner d'autres œuvres de P. Fourbus le vieux en outre de celles dont Bruges possède une si nombreuse et précieuse collection, on en trouvera aux Musées de Vienne (divers portraits), de Bruxelles (portrait de J. van den Gheenste, échevin de Bruges, 1583), et dans la collection du Marquis de la Boëssière Thiennes, rue aux Laines, Bruxelles, où se trouve le célèbre groupe de la famille van Berchem, composé de treize personnes concourant à une action animée (daté de 1561). Cette très belle peinture a évidemment inspiré le deuxième Fourbus, Franz Fourbus le vieux, fils du précédent, auteur du groupe représentant les noces du peintre Georges Hoefnagel (Musée de Bruxelles, ancienne collection Camberlyn d'Amougies).
Le fils de Franz Fourbus le vieux, Franz Fourbus le jeune, avait précédé Rubens à la cour de Vincent de Gonzague à Mantoue. Il fut lui aussi un portraitiste souple et habile. Farfois on hésite, devant des peintures qui lui demeurent attribuées et qui font irrésistiblement penser aux œuvres de son glorieux émule.
François Fourbus le vieux est né à Bruges en 1545, il est mort à Anvers en 1581.
Quentin Metsys. — La légende de Ste Anne.
(Musée Royal des Beaux- Arts, Bruxelles).