‹ L'Art français au temps de Richelieu et de Mazarin (volume 2)Chapitre 106 sur 181 · Statuts, Ordonnances, p» 52>.et Vitet> p» 236i · texte numérisé non relu

Statuts, Ordonnances, p» 52>.et Vitet> p» 236i

196 l'art et la condition des artistes.

quelquefois s^exagérant, d'autant que le fait coïncide avec la reprise de Tesprit classique toujours un peu hautain de sa nature.

Et puis la fondation de TAcadémie, qui avait pour objet de rendre les artistes plus indépendants, les a davantage placés sous la direction gouvernementale et administrative. Groupés, comme ils le furent, en un corps, on pouvait plus facilement les saisir. Le faisceau résiste, mais il donne prise. Et peut-être la protection, incertaine sans doute, du public, valaitelle mieux que l'appui d'un souverain ou d'un ministre, qui a tant de tendances et de facilités à devenir un maître ' .

L'Académie, qui reprochait à la maîtrise sa tyrannie, se montra-t-elle plus libérale qu'elle? Non, à l'égard de ceux qui résistèrent '. Oui, à l'égard de tous les autres. A la diflFérence de l'Institut actuel — on a eu raison de le faire remarquer, — elle s'ouvrit largement et admit chez elle tous les artistes, dès qu'ils manifestèrent seulement des promesses de talent ' : paysagistes, peintres de fêtes galantes, aussi bien que d'histoire. Claude Gillot y entra à vingt-sept ans, Watteau en fit partie dès l'âge de trente ans, Chardin au même âge à peu près.

i. On sent cela en lisant les Procès-verbatix, L'intervention de Colbert est fréquente, môme dans les détails. CeUe de Louvois sera plus lourde.

2. ViTET, p. 146, 150. « Qu'on juge avec sévérité l'Académie de 1664, l'Académie toute-puissante et oppressive; rien de mieux. »

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