‹ L'Art français au temps de Richelieu et de Mazarin (volume 2)Chapitre 134 sur 181 · Voir plus loin, chap. v : Philippe de Champaigne · texte numérisé non relu

Voir plus loin, chap. v : Philippe de Champaigne

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3iO LES HOMMES ET LES OEUVRES.

copié, ûi qui soit tout à fait semblable aux originaux » '. Il insistait sur Texpression que Poussin donnait à ses figures et dont le sentiment lui était personnel.

Poussin prend aussi aux anciens leur architecture ou ce qu'il croit être leur architecture : le cadre après les personnages de ses compositions ; là encore, il mêle et combine des éléments divers, ou bien il applique à tous les pays et à tous les temps, comme il le faisait pour le type humain, le même type d'édifices. Sauf la concession d'une pyramide de fantaisie, J'iépisode de Moïse sauvé des eaux se passe dans un décor analogue à celui du Diogène ou du Iloniulus.

Aussi, à vrai dire, le choix des sujets importe-t-il peu. Poussin a eu deux sources d'inspiration : Fan^ tiquité païenne, soit dans son histoire, soit dans sa mythologie, Tantiquité chrétienne, soit de l'Ancien, soit du Nouveau Testament; il n'a guère dépassé la date de l'Évangile. Le domaine avait donc des limites, si larges qu'elles paraissent tout d'abord, et le peintre, qui prétendait « n'être pas fait pour se répéter », se répéta cependant plus d'une fois.

Poussin n'est pas resté indifférent à la partie matérielle de la peinture, car l'artiste le plus idéaliste demeure artiste en cela. On n'a sur ce point qu'à lire certains passages de ses lettres relatifs à la galerie du Louvre. Il y insiste sur le désaccord

i* Conférences de V Académie, p. 139<

entre la décoration imaginée par Le Mercier et* les toiles qu'elle doit accompagner; il fait ressortir avec force les dissonances de -tons et les disparates fatales *. Souvent même, il a le souci du détail plus encore que certains réalistes. En envoyant à Paris un tableau, il écrit : « Il serait fort à propos que ladite bordure fût dorée d'or mat tout simplement, car il s'unit très doucement avec les couleurs, sans les offenser »; ou bien : « Le tableau doit être colloque fort peu au-dessus de l'œil et plutôt audessous » ^. Il est incontestablement séduit par la nature extérieure et plastique, dans le type humain comme dans le paysage. La forme exerce sur son œil une séduction ' et il l'exprime pour elle-même, en même temps qu'il y cherche l'expression d'idées ou de sentiments. Quant à la couleur, on s'est souvent demandé s'il l'avait négligée de parti pris, ou si ses tableaux tels que nous les voyons aujourd'hui ne le trahissent pas, s'il ne s'y est pas produit des modifications de tons, etc. C'est une question technique que nous ne voulons pas aborder. Nous nous bornons à renvoyer aux Conférences de VAcadérnie, où l'on pourrait trouver quelques renseignements. Par exemple. Bourdon, à propos des Aveugles de Jéricho, s'exprime ainsi : « L'aveugle le plus proche (de Jésus) est vêtu de bleu et l'autre d'une couleur

1. Lçtlres, p. 37-95. Voir aussi, à propos du château de Dangu, p. 145-117.

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