‹ L'Art français au temps de Richelieu et de Mazarin (volume 2)Chapitre 14 sur 181 · Voir ci-dessus, p. 33, 3o · texte numérisé non relu

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62 l'art et l'oistoire.

Van Dyck. Autant valait donc pour nous aller les chercher directement sur le continent.

L'Espagne, quoi qu'on en ait dit, conservait encore après la mort de Philippe II une certaine puissance et, à coup sûr, une remarquable activité morale et intellectuelle. Le tempérament espagnol est passionné, vigoureux, héroïque; il mêle à ces qualités un penchant curieux et une aptitude singulière au réalisme le plus hardi. Tout cela se manifesta dans sa foi religieuse, faite de mysticisme, de sensibilité, de fanatisme, mais gardant au milieu de ses élans un sens très positif. De là Ignace de Loyola et sainte Thérèse. De tout cela aussi, il résulta que l'Espagne fut touchée par la Renaissance, mais non pénétrée par elle, malgré les efforts de ses princes, et garda son originalité.

Or, elle eut au commencement du siècle une grande école littéraire * ; elle en eut aussi une petite : Alonzo de Ledesma (f 1623), Gongora (f 1627). Et toutes deux, mais peut-être la petite encore plus que la grande, exercèrent une influence notable chez nous. Plus d'un écrivain français, en dehors de Corneille, a puisé à la source du génie ibérique. Malgré les luttes politiques et militaires, il y avait bien plus accord d'idées et de goûts entre nous et l'Espagne, qu'entre nous et l'Angleterre. Le fait apparaît dés le xvi® siècle, et Brantôme est l'interprète de son temps, lorsqu'il raconte avec une sympathie

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