Art. 6. Voir ci-dessus, p
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LES ARTISTES ET LA MAÎTRISE. i 69
logés dans les faubourgs. Indépendants des jurés parisiens, ils ne pouvaient non plus avoir de clientèle à Paris, et jusqu'au xv** siècle, il n'y avait sur la rive gauche, en dehors des murs, qu'une population très clairsemée. Mais à partir de cette époque, tout changea en fait, pendant que se conservait l'ancien droit. Le quartier Saint-Germain devint un quartier habité et riche. Dès lors, les artisans de Saint-Germain des Prés eurent là une clientèle nombreuse et vraiment parisienne. Il y avait donc, pour les artistes, un intérêt très grand à obtenir du bailli de Saint-Germain des Prés le titre de maîtres.
Aussi peut-on faire mention d'assez nombreux peintres ou sculpteurs qui usèrent du privilège. Quelques-uns, bien peu à vrai dire, ont laissé un nom dans l'histoire de l'art, mais il faut observer que la plus grande partie des registres où s'inscrivaient les réceptions dans la maîtrise ont disparu. On rencontre cependant le dessinateur Jean de Saint-Igny et le peintre Lubin Baugin *. Un seul nom d'ailleurs suffirait à démontrer que la corporation de Saint-Germain-des-Prés ne se composait pas seulement de vulgaires praticiens : celui d'Antoine Le Nain. Il avait déjà, lorsqu'il se présenta, une certaine réputation, car on se contenta de son consentement à faire une « légère expérience », au lieu du chef-d'œuvre ordinaire '. Il est vrai qu'il pro-
1. Reçus le 6 mai 1628 et le 23 mai 1629. Voir les actes dans Nouv, Arch, de l'Art français, 1876, p. 101.