‹ L'Art français au temps de Richelieu et de Mazarin (volume 2)Chapitre 37 sur 181 · Voir ci-dessous, 3* partie, chap. m et vi · texte numérisé non relu

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l'académie de peinture et sculpture. 175

qu'il peignait pour les Chartreux la vie de saint Bruno ^

Le Brun lui-même, s'il ne fit pas partie de la maîtrise, y confina singulièrement, quoi qu'on en ait dit. Fils d'un juré, il offre à la confrérie un tableau de sa main '; il épouse, en 4647, Suzanne Butay, fille d'un maître peintre. Aussi, quand les membres de la corporation l'exceptaient, cette même année, de 1 assignation lancée par eux contre les autres artistes « indépendants », c'était peut-être autant à cause de l'incertitude de sa situation que de la crainte qu'inspirait « son crédit autant des puissances ».

Le conflit se produisit vers 1645. L'origine immédiate en doit être cherchée dans l'avantage qu'avaient obtenu les msdtres peintres et sculpteurs par les lettres royales de 4637. Us voulurent le pousser à fond. Jusqu'à quel point faut-il trouver des coïncidences avec la situation politique si troublée des années qui précèdent la Fronde, la question est délicate et nous n'abuserons pas des rapprochements. Pourtant on a bien le droit d'observer que le cours des choses met en opposition à ce moment la vieille bourgeoisie parisienne, où les corporations tenaient tant de place, et la Cour, comme le Parlement et le Conseil du roi '. Mais, par un renverse-

î. Voir ViTET, r Académie de peinture, p. 43, note 1.

2. « Comme un don gratuit et sans engagement de sa main. » Guillbt, t. I, p. 5. — Relation, p. 12. . 3. On remarquera aussi le conflit entre le Châtelet, juridiction essentiellement royale, et le Parlement Le cas est fréquent à la même date.

ment bien difflcile à expliquer, s'il ne se produisait pas si fréquemment en matière politique, le Parlement allait agir au nom de ces statuts qu'il avait refusé d'enregistrer en 1622, et le Conseil contre les lettres de 1637, par lesquelles il venait de proclamer leur validité.

En 1645, les jurés de la corporation assignèrent au Chàlelet deux brevetés, Lévêque et Bellot \ mais les magistrats les déboutèrent sur le vu des lettrés royales de retenue. Requête d'appel des jurés au Parlement, et ici ils élargissaient singulièrement la cause, en demandant un arrêt de règlement sur les points suivants. Les peintres de la Maison du roi et de la Maison de la reine devaient être réduits à 4 ou au plus à 6 pour chaque Maison, d'après les états enregistrés et vérifiés en Cour des aides. Défense aux uns et aux autres de tenir boutique, de travailler pour les églises et les particuliers, à peine de confiscation et de 500 livres d'amende. Les jurés avaient sur tous le droit de visite. En réalité, les maîtres demandaient l'application presque sans réservé des fetatuts de 1618. Toute l'année 1646 et la première moitié de 1647 se passèrent en procédures, dont « oû ne sçaurait lire sans estonnement le dénombre^ment » '. Enfin, le 31 août 1647, le Parlement en Chambre du Conseil prononça par défaut un arrêt

1. C'étaient deux artistes des plus médiocres. (Voir ci-dessous, p. 181.) En les poursuivant, on ne mettait pas l'art à la gêne. L'incident— sans importance — devint un prétexte. ^

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