‹ L'Art français au temps de Richelieu et de Mazarin (volume 2)Chapitre 48 sur 181 · Ibid.y pé · texte numérisé non relu

Ibid.y pé

le relever ou le développer. Lorsque les ministres du roi écrivaient * dans le préambule du Brevet du 28 décembre 1654 : « L'Académie royale de peinture et de sculpture, que S. M. a ci-devant établie en sa bonne ville de Paris, a tellement réussi selon son désir que ces deux arts, que Tignorance avait presque confondus avec les moindres mestiers, sont maintenant] plus florissants en France... qu'en tout le reste de l'Europe », ils commençaient à créer la légende de Louis XIV. D'ailleurs l'Académie s'était en réalité fondée en dehors de l'initiative du gouvernement, qui avait eu pour rôle presque unique de consacrer le fait accompli ; nous l'avons vu.

Quelle influence a-t-elle exercée?

Elle a séparé l'art du métier, là se trouve peutêtre la raison déterminante, on oserait dire unique, de son institution. Elle a constitué les artistes en un groupe particulier et déterminé; elle en a presque fait un ordre, elle a modiflé leur condition sociale. Qu'y ont-ils gagné? Individuellement rien, au moins les plus grands d'entre eux, car ils jouissaient personnellement de l'estime et de l'admiration. Mais l'ordre tout entier a été par là relevé, personne ne le niera; il a été en même temps quelque peu isolé; il a tendu à vivre en lui-même, à se séparer de ce milieu bourgeois, où il avait eu des attaches et sans doute trouvé des inspirations. De là, le dogmatisme artistique se développant et

Page 1