Voir les observations curieuses de M. Courajod, p. C
3. 11 y a plusieurs Warin. Consulter Rokdot, Claude Warin. 1888, in-8.
4. Voir par exemple à Versailles 1880 et 1881 (le maréchal (le Vitry et sa femme), 2800 (la duchesse d'Angoiilème), 1.S84
aux Vierges et aux crucifix de bois ou de pierre des églises, comme aux tableaux de sainteté, se rencontre quelquefois dans ces statues funéraires.
D'ailleurs, la comparaison avoc d'autres époques leur restitue leur signification. Il suffit, pour s'en convaincre, de descendre quelques années dans le siècle, et d'examiner des tombeaux comme ceux de Le Tellier, de Créquy, de Louvois '. L'allégorie y déborde, et surtout le faste et la superbe. Que l'art de Sarrazin et d'Anguier ait conduit à cette interprétation profane de l'idée de la mort, oui sans doute, mais tout l'art funéraire de leur temps n'y conduisait pas.
(Marguerite de Tresmes), 1871 (Phélippeaux), 2805 (la duchesse de Guise), 323 (Antoinette de Jouy), 331 (Marguerite de Crèvecœun, l'Amado, de la Porte, cité plus haut. 1. Moulages à Versailles, n"* 1S91, 1895.
Le xvii^ siècle naissant ne pouvait retrouver chez nous l'esprit du moyen âge, que la renaissance avait presque entièrement étouffé. 11 avait reçu du siècle précédent les doctrines de l'antiquité : il les garda et les appliqua; mais, au temps de Richelieu et de Mazarin, il avait une pensée propre, des croyances, des idées et des sentiments, une originalité, qu'il exprima fortement dans sa littérature.
L'expression fut-elle aussi complète dans l'architecture, la peinture et la sculpture? C'était pour nous le point à examiner.
Il est certain que l'art prit le contact de la société et reçut d'elle une partie de son inspiration. Richelieu, Corneille, Descartes et Poussin; Rérulle, Saint- Vincent de Paul et Le Sueur; Saint-Cyran et Philippe de Champaigne; Ralzac, Voiture et Vouet, Le Mercier ou Sarrazin s'expUquent et se complètent réciproquement.
ilU CO.NCLUSION.
Chez quelques hommes et dans quelques œuvres, l'art atteignit tantôt à l'éclat, tantôt à la grandeur; il eut dans l'idéalisme autant de puissance et de sincérité que d'autres arts dans le naturalisme.
Mais il s'abandonna trop à l'imitation des maîtres, à l'admiration de lllalie et de l'anliquité; tantôt il ne pensa pas, tantôt il se soucia trop d'interpréter la pensée ; il ne sut pas regarder la nature, il faussa ainsi les conditions normales de son développement. A la plupart des artistes manqua le génie, un trop grand nombre d'oeuvres furent marquées d'une déplorable banalité.
Mais du moins, il garda pendant un demi-siècle, avec la liberté dans l'organisation, la variété dans l'inspiration. Il allait les perdre aux approches du gouvernement personnel de Louis XIV.
La suppression de la vieille corporation des peintres et sculpteurs rompt le lien avec la bourgeoisie; la fondation de l'Académie unifie l'art et le centralise; le surintendant des bâtiments devient un ministre des Beaux-Arts. Puis disparaissent progressivement les écoles provinciales, remplacées par des écoles, nées de l'Académie, et portant partout l'uniformité de ses doctrines. L'art cesse d'être en communication d''idées avec la société : l'inspiration lui vient du gouvernement. Elle est réglée, contenue, limitée.
Ici, les coïncidences sont saisissantes de cette histoire particulière avec l'histoire générale, dans la seconde moitié du xvji'" siècle, et lune s'éclaire par
l'autre : centralisation dans la politique comme dans l'art; transformation partout du régime corporatif; disparition de la bourgeoisie et de l'esprit bourgeois ; affaiblissement de la vie provinciale et des tempéraments locaux, émoussés dans l'uniformité des usages, des modes ou des goûts venus de la capitale; substitution àla société de la cour, c'est-à-dire du roi.
Ce livre s'arrête précisément où commence le gouvernement de Louis XIV.
Tout va se rattacher au souverain : les beauxarts se mettront à son service, en même temps que l'Académie et le pouvoir s'uniront étroitement, sous la direction et l'autorité de Le Brun, de Golbert, de Louis XIV.
L'architecture , la sculpture et la peinture y gagneront une grande abondance, une puissance de production, un éclat extraordinaire. Elles réaliseront dans Versailles une des conceptions décoratives les plus saisissantes; mais, dociles aux goûts de la cour et du monarque, elles deviendront exclusivement brillantes, superficielles, théâtrales. Et, comme elles ne garderont de la doctrine classique que des apparences et des formules, elles s'éloigneront autant de l'idéal que de la vérité.
Une pédagogie absolue, étroite, immuable, contraire par conséquent à la loi historique de perpétuel renouvellement, dominera l'art : pédagogie d'autant plus lourde et exclusive qu'elle émane d'un corps unique, l'Académie, et se fonde sur une autorité réputée inattaquable : celle de l'antiquité.
La première moitié du xvii^ siècle conduisait-elle fatalement à cet état : grave problème, qui se retrouve à chaque instant dans l'histoire.
Nous n'avons pas la prétention de le résoudre, mais nous constatons que, si la deuxième moitié du xvii^ siècle a continué la première, elle l'a fait en éliminant tout ce que celle-ci avait eu de plus libre, de plus vivant, de plus humain, et en exagérant ce qu'il y avait en elle de factice, en cherchant le grandiose plutôt que la grandeur.
APPENDICE
La liste que je donne ici comprend les artistes dont il reste des œuvres connues ou ceux qui ont fait partie de l'Acadéniie '. Je n'y ai inscrit ni ceux qui ne survécurent pas à l'année 1620, ni ceux qui avaient moins de trente ans en 1661.
Toutes les fois que les dates ne sont pas établies par un acte officiel ou par le témoignage concordant de tous les auteurs de première main, je les ai fait suivre d'un point d'interrogation. On verra ainsi que la date de mort est presque toujours certaine, celle de la naissance, approximative, mais le plus souvent, on peut la fixer à deux ou trois années près. Aussi ai-je classé les artistes, d'après leur naissance, non d'après leur mort. C'est le seul moyen de montrer le mouvement des générations et, par suite, des idées dans une période de temps déterminée.
1. J'indique les noms des architectes (a.), des peintres (p.), des sculpteurs (se), des graveurs (gr.), de quelques dessinateurs (d.), miniaturistes (m.) ou médailleurs (méd.).
APPENDICE
Liste des prineipaux artistes français entre 1610 et i6(iO
De Brosse (Salomon), loGS?-
Martellange (Etienne), 1 369-
1641, a; (^i^r**^-*^ Errard (Charles F"-), 1570 f
ap. 1631, p. et a.
Jacquet?dil Grenoble, 1570?-
1618àl636?sc.
Dupré (Guillaume), v. lo74-
ap. 1643, av. 1647, se.
Du Monstier (Daniel), 1574?- "^ 1646, p.
Bourdin (Michel), 157 9?-
1640, se.
Varin (Quentin), 1580?-1634,
P- Briot (Nicolas), v. 1580?-v.
1650, méd.
Van Mol (Pierre), 1580?-
Fouquières (Jacques), 1380?-
Métezeau (Clément), 1381?-
Guillain (Simon), 1381?-
1658, se.
Briot (îsaac) 1384? 1 670, gr.
Ferdinand - Elle , v. 1385-
Le Mercier (Jacques), 1585?-
Derand(leP.),1588?-16i4? a.
Le Nain (Antoine), 1588?- "1648, p.
Berthelot (Guillaume), ?
f 1648, se.
Deruet (Claude), 1388?-1660?
p. et gr.
Sarrazia (Jacques), 1588- ~T660,'sc.
Vouet(Simon),1390?-1649, p.
Du Cerceau (Jean), av. 1600-
ap. 1649, a.
Gamard, ?-v. 1654?, a.
Perrier (François), 1390-
Le Muet (Pierre), 1391 ?-
Callot (Jacques), 1392-1635,
gr- Biard (Pierre II), 1592-1661,
a. et se.
Le Nain (Louis), 1593?-1648,
Vignon (Claude), 1593-1670,
P- Poussin (Nicolas), 1.394-1665,
Quillerier(Noël),1594?-1669,
t P- z " r zzzT'
Blanchard (J.-Rapt.), ^593?- 1665, p.
APPENDICE
Stella (Jacques), av. 1596?-
Lasne (Michel), 1596?-1667,
gr.
Le Maire (Jean ou Pierre) ,
Van Opstal (Gérard), 1597?-
1668, se.
Mellan (Claude), 1598-1688.
gf- Mansart (François), 1598- — 1t)bb, a.
Buyster (Philippe), 1598?-
1688, se.
Vouet (Aubin), 1599-1641, p.
Valentin, 1600?-1634, p.
Blanchard (Jacques), 1600-
Mosnier (Jean), 1600?- 1656?,
P- Morin (Jean), ? f 1650, gr.
Bruant (Sébastien), 1600?-
Lorrain (Claude), 1600-1682,
Bicheur (Jacques i , 16 01?
Justed'Egmont,1601?-1674,p.
Errard (Charles II), 1601-
1689, p. et a.
Champâi^e (Ph. de). 1602-
Bosse (Abrahaiiu, 1602-1676,
gr- Sarrazin (Pierre), 1602-1679, .se.
Mauperché (Henri), 1602?-
Corneille (Michel), 1603?-
Pérelle (Gabriel) , 1 603 ?- 1677,
gr- Beaubrun (IL de), 1603-
Warin (Jean), 1604?-1672,se.
Beaubrun (Ch. de), 1604?-
Lemoine (P.), 1605-1665, p.
Poissant (Thibaut), 1605-
1668, se.
Patel (père), 1605?-1676, p.
De la Hire (Laurent), 1606-
Tourangeali (Fr.), 1606?-
Guérin (Gilles), 1606-1 678,sc.
Dupuis (P.j, 1606?-1682, p.
Le Nain (Mathieu), 1607?-
Pader(Hilaire),1607?-l 677,p.
Plattemontagne ( Mathieu ) ,
Mignard Csicolasj , 1 608 ?-
1668, p."" Gissey (Henri de), 1608-1673,
p. et d.
Bernaert (Nicasius), 1608?-
Poërson (Charles), 1609?-
Boullogne (Louis), 1609?-
APPENDICE
Huret (G.) 1610-1670, gr.
Daret (Pierre), 1610?-1678,
p. et gr.
Goswin, 1610?-lG8o? p.
Rousselet (Gilles), 1610?-
1686, gr.
Mignardi Pierre), 1610 ?-1695,
P- Dufresnoy(Alphonse). 1611 ?-
Heince (Z.), 16ir?-1669, p.
Yvart (Baiidrain), 161 1-1690,
P- DuMonstier (Nicolas), l(il2?-
LfiVaju|Louis), V, 1612-1670,
Parmentier (Denisi, 1612?-
Kerdinand-Elle(Louis),16l2?-
Lanse (M.), 1613T-1661, p.
Anguier (François), 1613?-
1669, se.
Le Vau (François), 1613?-
Lombard (Pierre ) 1 6 1 3 ?- 1681,
Perrault (Clan de), 1613-1688,
LeNostre(Audré'. 1613-1700,
Du Guernier (Louis), 161 î?-
1659, p. min.
Van Loo(J.), 161 4?- 1670? p.
Fl.-niaél, 1614?-lfi7:i? p.
De Saint-André (S.), 1614-
Anguier(Michel),16i4?-1686,
se.
Testelin (Louis), 161o?-16o.t,
P- Hans (Louis), 16I5?-16d8, p.
Moillon(Isaac),16i;J?-1673,p.
Chauveau (François), 161o?-
1676, gr.
Bernard (Samuel), 1615?-
Pinagier (Thomas), 1616?-
Le Sueur. (Eustachej, 1616-
Bourdon (Sébastien), 1616-
HutinoK Pierre), 16! 6?- 1679.
se.
Testelin (Henri), 1616?-I695,
P- Cottart, ?-l674, a.
Dorigny (Michel), l(il 7 ?-1665,
p. et gr.
Nocret (Jean), 1617?-1672, p.
Blanchet(Th.),1617?-1689,p.
Lespagnandelle i Mathieu),
16 17?- 1689, se.
LePaultre(Jean), 1618?-! 684,
Blondel (François), 1618?-
De Sève (Gilbert), 1618-
APPENDICE
Le Gendre (Nicolas), l6iU?-
1671, se.
Charmeton (G.), 1619?- 167 i,
Marol (Jean), 161'.»?-l07<.), a.
et gr.
Baudesson (Nicolas), 161'.»?-
Villequin (Etienne), 161U?-
Le Brun (Charles), I()19-
Magnier (Laurent), v. 1619-
17(i(», se.
Le Rambert ( Louis 11) , 1 620 ?-
1670, se.
Gervaise (Jacques), I6'J0?-
Tortebat (François), 16-'0?-
1690, p. et gr.
Wleugels (Philippe), 16:iO?-
Paupeher (P.), 1621 ?-1666,
Courtois (Jacques), 1621?-
Lemaire (François), 1621?-
Le Paultre (Antoine), 1621?-
Silvestre (Israël), 1621 M 691,
De Poilly (François), 1622?-
1693, gr.
Puget (Pierre), 1622?-169},
se.
Uegnaudin (Thomas), 1622-
1706, se.
Larminoy(S.),1623?-1683,p.
De Sève (Pierre), 1623?- 1695,
P- Michelin (Jacques), 1623?-
Pesne (Jean), 1 623 ?-17(»0,gr.
Du Guernier (Pierre), 1624-
Loir (Nicolas), 1624-1679, p.
Marsy (Gaspard), 1 624?-l 681 ,
se.
llouzeau (Jacques), 1624?-
1691, se.
D'Orbay (François), 1624?-
Borzoni (F.-Maria), 1625?-
Gittard (Daniel), 1625?- 1686,
Sacquespée (Adrien), 1625?-
De Nameur (Louis), 1625?-
Nanteuil (Robert), 1626?-
1678, gr. Licherie (Louis), 1626?-
Paillet (Antoine), 1626 ?-1701,
P- Testu (Jacques), 1627?-1706,
P- Van .Schuppen, 1627?-1702,
gr- Coypel (Noël), 1628-1707, p.
APPENDICE
Le Gros (Pienej, 1628-1714,
se.
Girardon (Francoisj, 1628-
1713, se.
Marsy (Balthazar), 1628-
1674, se.
Le Hongre (Etienne), 1629?-
1690, se.
Huilliot (Cl.) 1629?- 1702, p.
B. Massou, 1630?-1684, se.
Bourguignon (P.), 1630"?-
Lambert (Martin), 1630?-
Tubv (J.-B.i, 1630?-1700, se. Blanehard (Gabriel), 1630-
Raon (Jean), 1630-1707, se.
Mathieu (Antoine), 1631?-
Champaigne iJ.Bapt. de).
Housseau(J.), 1631?-1693, p.
Buirette (Jacques), 1631-
1699, se.
Plaltemontagne (Nicolas),