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186 l'art et la condition des artistes.
des séances ne se passèrent pas sans orages : au dehors comme au dedans, on dut s'agiter, des paroles vives s'échangèrent. Pour s'en étonner, il faudrait ignorer ce qui se passait à la même époque en plein Parlement : les maîtres des enquêtes soufflant la discorde, les batailles jusque dans la Grand Chambre, Retz presque étouffé entre deux portes dans la bagarre. Et précisément, dans la maîtrise même, les jeunes jouaient un peu le rôle des juges des enquêtes.
Aussi les statuts de jonction venaient à peine d'être enregistrés en juin 1652 * que les deux corps se séparaient. Du reste, jamais la situation n'avait été plus critique, de quelque côté qu'on se tournât. La guerre civile avait recommencé, la Cour avait quitté encore une fois Paris livré à lui-même. La séance de l'Académie du o juillet avait lieu le lendemain même des massacres à l'Hôtel de ville. En août, on était obligé de remettre les délibérations à l'assemblée suivante ^ Mars, comme on eût dit à cette époque, chassait Apollon et les Muses. Et le 7 septembre, le modèle Girard déclarait qu'il ne « pouvait tenir l'école pour le peu d'escoliers qui y viennent désigner » et remettait entre les mains de Testelin les clefs de la salle ^
1. On peut expliquer en partie la séparation par ce fait ([ue le Parlement avait du même coup enregistré les statuts royaux de 16 iS. La diplomatie de l'Académie avait ainsi triomphé.