‹ L'art français au temps de Richelieu et de MazarinChapitre 60 sur 112 · Voir ci-dessous, chap. m et v · texte numérisé non relu

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240 LES nOMMES ET LES ŒUVRES.

n'a pas besoin d'être meublée pour ne pas paraître vide. Là où elle a gardé sa décoration première, elle est ce que les propriétaires voulaient qu'elle fût : une œuvre de luxe intelligent et de grand art. Rien de plus facile aussi que de la repeupler des hôtes qui l'habitaient ou qu'elle reçut : elle était si bien faite pour les uns et les autres. Dans le voisinage s'élevait l'hôtel de Bretonvilliers, construit pour un financier, par Jean I" du Cerceau. 11 ne reste rien de cet édifice, encore plus somptueux et plus vaste que l'hôtel Lambert. On ne peut plus le retrouver que dans des estampes du temps, heureusement assez nombreuses '.

Le quartier Saint-Antoine conserva longtemps la vogue, même auprès des grands seigneurs. L'hôtel d'Aumont (rues de Jouy et de Fourcy), construit par Mansart, est un des spécimens les plus réussis de l'architecture du temps. Mansart apportait évidemment plus de liberté d'allures que Le Vau dans le maniement du classique; il avait à coup sûr une imagination plus aisée et plus brillante, il se dégageait mieux des éléments antiques ou plutôt il se les assimilait davantage. La porte qui donne sur la rue de Jouy (n° 7), les façades sur la cour et sur le jardin sont des morceaux remarquables par la justesse des proportions, par la noblesse du style, par un air de richesse et de distinction -. 11 en est de

d. Voir particiilii-rement : Marot, Recueil de plusieurs palais, 1G"0, in- P.

2. Mansart reprit aussi en lfi60 l'hôtel Carnavalet, bâti par

même de riiùtel de Ghàlons et do Luxembourg, dont le corps principal appartient à l'année 1623, et la porte d'entrée à l'année 1639 (rue Geoffroy-Lasnier, 23). Dans le Marais, on étudierait avec intérêt l'hôtel d'Amelot (rue Yieille-du-Temple, 47), bâti par Cottart vers 1637, et Thùtel Salé (rue Thorigny), ce dernier, vraiment grandiose par ses proportions, mais d'un art plus froid et plus sec.

Il faudrait aussi, pour juger le talent des architectes, leurs ressources d'esprit, leur aptitude à adapter le plan habituel aux formes des terrains, examiner les simples maisons particulières. On n'a qu'à consulter sur ce point le recueil que Le Muet a intitulé : Manière de haslir pour différentes sortes de personnes. Il y insiste précisément sur les conditions différentes où peuvent se trouver les constructeurs; il y présente des modèles de maisons pour les fortunes modestes, etc. Les planches de son ouvrage (plans, coupes, élévations) et de celui de Marot donnent ainsi toute la gamme architecturale de l'époque.

L'hôtel de Beauvais (rue Franeois-Miron), élevé par Le Paultre entre i'63o et 1660 à peu près *, a été souvent cité comme un modèle achevé dans l'art de tirer parti du terrain le plus défavorable.

Pierre Leseot : il suréleva d'un étage trois des côtés de la cour et refitïla façade sur la rue, où il conserva, dit-on, le portail de Pierre Leseot. Mais, en somme, il y a beaucoup de lui dans Thôtel actuel, construction harmonieuse et élégante.

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