‹ L'art français au temps de Richelieu et de MazarinChapitre 7 sur 112 · Essai sur les mœurs, cliap. clxxxui · texte numérisé non relu

Essai sur les mœurs, cliap. clxxxui

la cour « plus policées que le reste de l'Europe ». « Dites-moi, je vous prie, dans quelle cour Charles II puisa tant de politesse et de goût », écrit-il à milord Harvey. Enfin, dans les productions de l'esprit, il n'attachait en sa qualité de classique aucun prix, même dans le passé, à celles qui ne se distinguaient point par la correction, la régularité, le style. Il ne sentait pas que certaines œuvres mal écrites, grossières même, mais puissantes, avaient fait quelquefois plus pour le progrès de l'humanité, le développement ou le renouvellement de la pensée, que la traduction de Quinte-Curce par Vaugelas, « le premier bon livre écrit purement », ou la « bienséance » des discours d'Olivier Patru, ou le « piquant » des Maximes de La Rochefoucauld.

Ajoutons que sa. philosophie militante lui faisait parfois confondre la liberté avec la fin de la « superstition ». Pour un peu, il préférerait les dernières années du siècle aux premières, parce qu'on y croyait moins aux sorciers. Il insiste sur la déclaration de 1672, qui « défendit aux tribunaux d'admettre les simples accusations de sorcellerie, ce qu'on n'eût pas osé sous Henri IV et sous Louis XIII » '. Il l'attribue à la « raison naissante », oubliant qu'on ne trouve plus en France ni un Gassendi, ni un Descartes, et que sans doute on ne les y eût pas supportés.

Enfermant tout le xvu'^ siècle dans Louis XIV,

Page 1