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CHAPITRE X

LE XVIe SIÈCLE

Le XVe siècle avait vu le commencement de la décadence de l’art $Sothique. Au XVIe siècle cette décadence s’accentue. Alors qu’au XIIIe siècle chaque ornement, chaque motif de décoration est à sa place, au XVE siècle et-au XVI il y a une profusion d’ornements inutiles. Les lignes de l’architecture disparaissent sous une décoration exubérante ; les détails amoindrissent les masses, et nous ne retrouvons plus cette admirable alliance de l’architecture et de la sculpture de la belle époque gothique. Le mépris que les XVIIe et XVIIIe siècles ont témoi- Sné pour l’art gothique provient certainement des défauts incontestables de l’architecture des XVe et XVIe siècles.

On a coutume de considérer l’année 1453, date de la prise de Constantinople par les Turcs, comme marquant la fin du moyen âge et de l’art $Sothique et le début de la Renaissance. Ce n’est là qu’une date idéale. Jusqu'au premier quart du XVI: siècle, l’art français

reste fidèle à ses traditions, et la période gothique continue.

L’art sothique du XVI: siècle nous a laissé quelques édifices importants, comme l'Hôtel de ville de Saint- Quentin, les églises de Brou (Aïn), de Saint-Ricquier (Somme), de Dreux, de Montfort-l’Amaury. Mais il faut mettre hors de pair le chœur de la cathédrale d’Albi et le portail latéral de la cathédrale de Senlis.

L'art gothique du XVI° siècle présente certains caractères qui le différencient nettement de celui des époques précédentes.

L’arc en accolade du XVE® siècle devient l’arc en accolade en contre-courbes brisées, c’est-à-dire que les courbes sont renversées au sommet (pl. XIV, Saint-Ricquier) et forment une brisure très accentuée.

Les crochets de feuillage deviennent des masses informes d’un dessin lourd et mou.

Les piliers sont formés de colonnes soudées et raccordées entre elles (pl. XIV) par des courbes dont les passages sont à peine sensibles.

Il y a une surabondance de décoration, notamment dans les lucarnes (pl. XIV), où se multiplient les arcatures, les pinacles, les petits arcs-boutants. Par une étrange aberration, les arcs-boutants associent des lignes courbes à la ligne droite du rampant.

Une autre méthode particulière au XVIe siècle consiste à multiplier les nervures dans les croisées d’ogives. L’espace laissé libre entre les liernes et les tiercerons est souvent si restreint qu’on le remplit par des dalles appareillées. A l’intersection des nervures, des clefs pendantes prennent un $rand développement.

L'édifice le plus marquant de cette époque est le Palais de justice de Rouen qui a été l’objet de discussions passionnées. À vrai dire, si la multiplicité des éléments décoratifs manque souvent de logique, on ne peut s’empêcher d’admirer la richesse et la fantaisie du décor qui est déjà dans le caractère de la Renaissance.

XIVe

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