‹ L'art gothiqueChapitre 5 sur 31 · C.H : Cheneaux · texte numérisé non relu

C.H : Cheneaux

T: Toitures des Bas-côtés

B.C : Bas Cotes P: Piliers

H: Culées C.0: Poussée oblique de la voûte

C’est avec l’arc-boutant que ces poussées sont neutralisées. L’arc-boutant se compose de deux parties : une masse solide de maçonnerie, appelée culée, et un ou plusieurs arcs qui partent de cette culée pour venir s’appliquer contre la nef (pl. II). Lorsque l’édifice est peu élevé, l’arc-boutant est simple. Quand il s’agit d’une cathédrale, l’arc-boutant est à double étage (pl. II, Amiens), et les deux arcs viennent buter sur un contrefort appliqué au mur de la nef et au droit du pilier de cette même nef. De cette façon, les deux arcs se répartissent entre eux la résistance à opposer. Lorsque la cathédrale a un double bascôté, l’arc-boutant est non seulement à double étage, mais à double volée, c’est-à-dire avec une pile intermédiaire (pl. II Bourges). L’abside de Notre-Dame de Paris offre l’exemple, peut-être unique, d’un arc d’une seule volée de quinze mètres au-dessus de deux bascôtés. Le rôle de l’arc-boutant est donc d’étayer la voûte de 1a nef au droit des piliers et de transmettre la poussée oblique de la voûte à la culée (pl. II). L’arc-boutant sert également à l’écoulement des eaux pluviales, Srâce à un caniveau creusé sur l'extrados et aboutissant à une gargouille. Sans l’arc-boutant il serait impossible d’élever la nef à une $rande hauteur ; de plus, en venant s’appliquer sur les reins de la voûte, l’arc-boutant ne laisse aux piliers qu’une charge léfère et verticale : aussi voit-on les piliers devenir de plus en plus légers. Enfin, l’arc-boutant, toujours placé au droit des piliers et soutenant la partie de la nef qui s’élève au-dessus des bas-côtés, permet un excellent éclairage de toute la partie haute de la nef.

L’arc-boutant recevant les poussées des voûtes au sommet de la culée, cette culée pourrait se déverser si on ne la chargeaït à l’aide de petits édicules appelés pinacles (pl. II, Amiens et Bourges). Cependant, lorsque les culées ont une grande épaisseur, comme à la basilique de Saint-Denis, les pinacles ne sont pas indispensables.

LE XIIIe SIÈCLE — PREMIÈRE PÉRIODE 13

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