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CHAPITRE V

LE XIVe SIÈCLE

Le XIIIe siècle ayant laissé la France abondamment pourvue d’églises et de cathédrales, le XIVe siècle, troublé par les guerres civiles, ne vit s’élever que peu d’édifices, dont les principaux sont :

les cathédrales de Clermont- Ferrand, de Limoges et de Bayonne ; les églises Saint-Vincent, à Carcassonne, et Saint- André, à Bordeaux ; la nef de Saint - Ouen, à Rouen ; la nef de la cathédrale de Metz ; les chapelles latérales d’ Amiens et de Rouen ; les chapelles du chœur de Notre - Dame de Paris ; l’église Saint-Jean, à Lyon.

Il faut faire une place à part aux églises du Languedoc, dont Sainte-Cécile, à Albi, et Saint-Jean, à Perpignan, sont les types les plus connus.

r û e rRR'e x e Fig. 3.

, L'église Sainte-Cécile, à Albi,

n’a pas d’arcs-boutants, mais des contreforts en forme de tourelles, qui font une saillie profonde à l’intérieur, encadrant les chapelles

latérales (fig. 3). On a cru voir dans ces contreforts la solution du problème du contrebutement des voûtes hautes sans le secours des arcs-boutants et on a loué l’idée de ces contreforts intérieurs à l’abri des intempéries; mais on semble oublier que, cette cathédrale étant dépourvue de bas-côtés, les architectes n’ont pas eu à résoudre le problème qui

consiste à contrebuter les voûtes hautes, en passant au-dessus de ces bas-côtés.

On désigne généralement sous le nom de gothique rayonnant l’art architectural du XIVe siècle : cette appellation ne correspond à rien de bien précis. Les édifices du XIV® siècle peuvent être ainsi caractérisés. A l’extérieur, les portails sont surmontés de gäbles. On appelle ainsi des frontons triangulaires, posés au-dessus de l’arc des baies (pl. IX). Ces $sâbles existaient déjà au XIIIe siècle (Sainte-Chapelle de Paris) ; mais, au XIVe siècle, ils prennent une importance particulière (pl. IX). D’autre part, la mouluration, c’est-à-dire les archivoltes de l’ébrasement et leur support, est en saillie sur la décoration (pl. IX). Il en résulte une impression de sécheresse, accentuée encore par les motifs de décoration linéaire : angles, trian- Sles curvilignes, etc. Toute cette décoration linéaire attire l’œil au détriment de la sculpture (pl. IX).

On ne trouve plus, au XIVe siècle, cette admirable alliance de l’architecture et de la sculpture, qui est l’apanage du XIIIe siècle, époque où la décoration domine si heureusement la mouluration (pl. VIII).

LE XIVe SIÈCLE PL. IX

ROUEN. — Portail latéral.

Au x1ve siècle il n’y a plus, comme au xx, l'alliance intime de l'architecture et de la sculpture. Les lignes de l’architecture dominent et la mouluration est en saillie sur la décoration.

A l’intérieur, le $rand principe de l’architecture Sothique, la subordination des piliers aux arcs, s'affirme à tel point que nous voyons ces piliers formés d’un faisceau de colonnettes. Ils ne sont que la reproduction, en section horizontale, de la mouluration des arcs qu’ils supportent ; en d’autres termes, les piliers et les arcs présentent le même profil.

Les murs sont de plus en plus ajourés et le triforium de la nef se marie avec les fenêtres hautes (pl. X, Clermont-Ferrand). Les chapiteaux n’ont plus besoin, comme au XIII: siècle, d’être en encorbellement, puisque les arcs se prolongent le long des piliers: aussi voit-on s’amaigrir la saillie du tailloir. Une autre particularité des chapiteaux du XIVe siècle consiste dans la façon dont les angles du tailloir sont disposés: très souvent un de ces angles est en saillie et figure au milieu du chapiteau.

Enfin, conséquence du prolongement des arcs le long des piliers, on peut observer qu’il y a autant de chapiteaux que d’arcs.

Les crochets, en usage dans les chapiteaux du XIIIe siècle (pl. V), disparaissent et font place à des bouquets de feuillage, qui souvent débordent sur la saillie du tailloir (pl. X). Les bases des piliers se modifient également, comme on le verra plus loin.

D'une façon générale, on ne rencontre plus l’admirable harmonie de l’architecture et de la sculpture du XIIT° siècle. Dans les façades du XIV: siècle, ce sont les lignes qui dominent.

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