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CHAPITRE PREMIER

Les fruits et les fleurs sont généralement représentés sous leur forme réelle; la grenade fait exception, on la montre avec une couronne à pointes et une ouverture oblongue laissant voir les grains; enfin, au bas, elle a une tige après laquelle sont attachées quelques feuilles.

On la blasonne de... à la grenade de...; si les grains du fruit sont d'un émail différent, on ajoute ouverte de...

Ne pas confondre avec la grenade artificielle, ou d'artifice, qui se représente sur le point d'éclater et qu'on dit enflammée si la flamme qui en sort est d'un émail particulier.

La rose se représente sans queue, ouverte et épanouie; elle a cinq feuilles extérieures, un bouton au milieu et cinq pointes entre les feuilles : d'argent , à la rose de gueules.

Cependant il en est, c'est l'exception, qui ont une tige; on la dit alors soutenue, ou tigée, en indiquant toujours l'émail, s'il est particulier.

Si la tige de la rose a des feuilles, elle est feuillée.

Toute plante ou toute feuille dont les nerfs et les fibres sont d'un émail particulier se dit ncrvée de...

Quelquefois les fleurs sont au naturel, c'est-à-dire qu'elles ne sont pas peintes avec les couleurs héraldiques et qu'elles conservent celles que la nature leur a données, alors il faut l'exprimer; cependant il ne faut pas que ces couleurs soient sur des émaux, mais sur des métaux pour éviter l'enquerre, et alors elles sont ombrées et nuancées comme dans l'aquarelle ou la peinture à Thuile ordinaire.

Bien que la fleur de lis soit plutôt une figure artificielle que naturelle, elle est classée parmi les fleurs; tout le monde connaît cette figure qui est traitée d'ailleurs spécialement au chapitre VIII.

Les soucis, les roses, les pensées, les œillets, les pâquerettes, les violettes, les lis de jardin sont les fleurs qu'on rencontre le plus souvent sur les écus.

L'artiste, avant de les reproduire par le dessin, ne

doit jamais négliger de s'informer

- #: ^ / I si elles sont tigées ou feuillées, de

la situation qu'elles occupent sur l'écu. Il vaut mieux pécher par excès d'informations, que de s'exposer à commettre une faute, car, qu'on le sache bien, il n'y a pas .de faute légère en blason, et la c. n T., • moindre omission ou la plus

mince augmentation peut amener une confusion regrettable; il y a de très nombreux blasons qui, à première vue, sont semblables; c'est par un examen attentif qu'on s'aperçoit delà différence qui peut exister entre eux.

Je reviendrai sur ce point quand je traiterai des pièces chargées et accompagnées.

Pour le moment, je suppose que le lecteur a bien saisi tout ce qu'il est nécessaire d'exprimer en blasonnant les figures des corps naturels, qu'il s'agisse d'un oiseau, d'un poisson ou d'une fleur quelconque. Passons aux figures artificielles.

Là, surtout, il est impossible de tout énumérer, car, ainsi que je l'ai dit plus haut, il n'y a pas que les nobles

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