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PLAT EN CUIVRE NIELLE

(Travail du Kashmir.)

chands hindous ou persans sont les plus retors et les. moins consciencieux entre tous ceux du monde; il faut y regarder a deux fois avant d’accepter les bijoux sur leur prétendue valeur d’aloi.

On fabrique dans l’Inde d’autres especes d’émaux, qui sont des contrefagons ou des imitations extrémement ingénieuses et toujours du plus bel effet. Ceux

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de Pertabghar, dans le Radjpoutana, jouissent d’une réputation méritée. Sur une plaque d’or est fondue une couche du plus bel émail vert émeraude, assez épaisse. Avant qu'elle soit complétement refroidie, on applique dessus une mince feuille d’or découpée a l’avance suivant un dessin arrété. Quand l’émail est durci, on termine le travail en donnantde l’accent aux ornements et aux figures avec la pointe, le burin et le ciselet. Parfois méme, une partie de ce travail se fait surl’or, alors que I’émail est encore mou, et les contours en creux du métal s’enfoncent dans la masse vitreuse. Les artistes de Pertabghar font.ainsi de magnifiques coffrets dont les panneaux portent, en bas-relief d’or bruni courant sur l’émeraude, des scénes de chasse, de guerre, des épisodes mythologiques, des animaux, des plantes, du dessin le plus précieux. A Ratam, dans l’Inde centrale. on fabrique de pareils émaux, mais l’or y est dispose sur un fond bleu,

Les cuivres niellés et peints, et souvent étamés, de Mouradabad et de Kashmir sont, parmi les objets communs, les plus élégants de Inde. Un enduit rouge, vert, noir, remplit les cavités creusées au burin ou circonscrites par les ornements courants relevés par le repoussé. Comme dans le joli petit vase a couvercle (fig. 95) que j’ai rapporté jadis, les incrustations de couleur courent sur |’étain travaillé au poincon et découvrant par places le cuivre, qui est pareillement guilloché. Dans cet autre pot (fig. 96) de cuivre jaune, Yenduit coloré court parmi des entrelacs réservés a VYeau-forte et des ornements saillants repoussés. Ailleurs, comme dans certains plateaux du Kashmir, le

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LES ARTS DECORATIFS. 239:

cuivre semble peint avec un émail a froid d’une soli-. dité extréme (fig. 97). et d’un assez beau lustre. Les cuivres niellés de Mouradabad sont ordinairement mats. On les imite beaucoup en Europe, notamment dans les réservoirs des lampes, et une industrie angloindienne fabrique, au Kashmir, des objets de ce genre sur des formes sino-japonaises qui sont du plus. triste effet.

Les nielles de Mouradabad rappellent beaucoup, par les procédés employés comme par leffet produit, certaines armures peintes a Ja tempéra sur gravure a Peau-forte, et dont une salade du musée d’artillerie nous fournit un bel exemple '.

1. Elle a été reproduite par nous dans la Gazette des Beaux- Arts. (Cf. notre étude sur le musée d’artillerie, 1893.) — Cette salade appartient a une armure du musée de Vienne, qui a été figurée, en 1894, par Wendelin Boeheim. (Cf. dans la Gazette des Beaux-Arts, notre étude sur l’Armeria de Madrid, 1894.) Elle a été faite pour uh Radziwil, duc d’Olyka, a la fin du xvie siécle. Il semblerait qu’au si¢ge de Malte par les Turcs, un peu avant, le grand maitre Parisot de La Valette en portait une pareillement peinte en rouge.

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