LES ALLIAGES, LES PROCEDES DE .FABRICATION
Les Indiens emploient peu le cuivre pur et assez rarement le bronze, au sens exact du mot, pour les objets d’un usage courant. Si les musulmans se servent plutét de vaisselle de cuivre, réservant l’argent pour les vases a boire, les Hindous lui préférent toujours le -Jaiton, et c’est cet alliage qui constitue la matiére premiére universellement mise en ceuvre pour les vases, les plats, les cuillers, les chandeliers, les lampes et tous les instruments usuels. L’étain pur ou méme le cuivre étamé n’est guére d’usage, on ne se sert de ce métal que pour certaines images religieuses. I] est cependant des régions ot l’on étame des gobelets et des assiettes.
Les autres alliages sont le métal de cloche et divers bronzes dans la composition desquels entrent, en proportions variables, l’étain, le zinc, lor et argent, et méme, comme 4 Bénarés, le plomb, le mercure et le
~fer, associés au cuivre. Ce mélange des huit métaux est considéré par les Hindous comme une substance
dune rare valeur et comme « l’alliage le plus parfait* »
On a voulu voir dans lalliage indien de cuivre et dor un analogue du bronze de Corinthe (@s Corinthium), dont parlent les auteurs latins. Enfin, il faut noter que les bronzes foncés de l’Inde ne sont pas un alliage de cuivre et d’étain, alliage que les Hindous considérent comme impur, mais qu’ils sont toujours faits de cuivre pur®.
Les cuivres de l’Inde sont le ace ordinairement fondus, mais souvent aussi ils sont martelés ou fagonnés au tour avec des mandrins brisés. Cette derniére | fabrication est surtout destinée aux vases chargés d’ornements repoussés, puis ciselés. Ils sont naturellement beaucoup plus minces que les objets fondus. Ceux-ci sont souvent profondément gravés a la pointe et au burin, ciselés, et aussi incrustés d’autres métaux plus ou moins précieux, ou bien niellés comme les cuivres de Mouradabad, dont nous avons déja parlé.
La vente se fait toujours au poids, avec une petite différence en plus pour le travail, différence qui varie naturellement suivant la finesse et la complication de ce dernier. Les fondeurs ou chaudronniers en cuivre sont une des corporations les plus importantes de VInde, étant donnés les nombreux usages de leurs produits dans un pays ou l’on ne se sert guére d’autre vaisselle. Ils font, en outre, aussi bien les statues religieuses que les luminaires, les cloches, les revétements de portes, etc. Cette industrie a ses représen-