‹ L'art indienChapitre 144 sur 160 · CAVALIER · texte numérisé non relu

CAVALIER

‘étre oriental; il prévaut dans le harnois polonais. Au reste, on retrouve dans les cuirasses indiennes toutes les formes, depuis la cuirasse @ l’antique, reproduisant les divisions du tronc, jusqu’aux corselets et aux corps a miroirs comme en portaient les Turcs.

A partir du xvi° siécle, les influences occidentales se font sentir dans les assemblages, dont les caractéres persisteront jusqu’a nos jours. La disposition des courroies habillées de velours, la forme des boucles, des bouterolles, des trépas, des crochéts sont sensiblement européennes. C’est que les Portugais répandaient dans l’Inde les produits de la péninsule, en méme temps que les artistes francais et italiens, appelés par les Mogols, incitaient, les Hindous a copier leurs travaux. Les lames de Toléde, de Passau ou de Solingen, plus tard celles d’André Ferrare, plaisaient aux’ guerriers asiatiques; ils les faisaient monter sur les gardes a courte fusée, dont les dispositions variaient a V’infini, depuis le simple croisillon alain (fig. 129) jusqu’aux coquilles . formant gantelet avec garde d’avant-bras encore chéres ‘aux Nagas de Nagpoure. Les attaches des épées et des sabres indiens ont suivi le méme développement, suivant la mode d’Occident. Tel cimeterre de notre musée de la marine présente les frettes et les bagues A petites béliéres des ceinturons saxons, comme on les portait a la fin du xvi° siécle; tel autre posséde un ceinturon a deux pendants comme ceux du temps de Charles X, etc. .

Mais a cété de toutes ces adaptations, on trouve des objets d’une architecture pure et originale, comme les etriers de bronze de l’Inde centrale (fig. 136), ou les montures de selle, les harnais complets du Guzerat

f Mel Ne ee re en PU Eee PA ae e MARCH aero ae + ty

formant bardes. La, une housse de velours est recouverte, comme nos cottes maclées du x1" siécle, de petits carrés de cuivre argenté, fleuronnés en relief, touchés d’émail, et une bordure de pendeloques en feuilles émaillées accompagne toutes les piéces.

Telles sont, tres sommairement expos¢ees, les quelques données principales que comporte ce manuel, pour l’art de Parmurier en Inde. A la cour des rois, il tut de tout temps le plus honoré, comme le poste de conservateur de l’arsenal était un des plus recherchés. Les empereurs mogols attachaient tant d’importance a excellence de l’armement, que Baber a déclaré devoir a ses lances la conquéte de l'Inde. Et Akbar exigeait que chaque nuit on placat prés de lui un poignard différent, afin de se rendre compte du soin que l’on prenait de ses armes.

Page 1