FIG, 28. — MOSQUEE PERLE, A AGRA
fit tout pour unir, sur le terrain de la religion comme sur celui de V’art, Hindous et Musulmans dans un large syncrétisme. I] n’y réussit pas sur le premier point, mais il fut plus heureux sur le second. Et beaucoup de monuments construits sous son régne et sous celui de Jehangir sont, comme ceux de Futtehpore-Sikri, par exemple, beaucoup plus hindous que musulmans?.
1. G. Le Bon, loc. cit., p. 536. — Voir dans cet auteur la belle
Les successeurs intolérants des plus grands entre les Mogols gatérent cet état de choses; dés le xvi® siécle la décoration plate et maigre, les mosaiques, les incrustations reprennent l’avantage sur les ornements et les sculptures en haut relief chers ala tradition hindoue. Le fanatisme étroit d’Aureng-Zeb ne développa point les arts; a partir du xvite siécle Vart musulman ne produisit plus rien de remarquable. C’est 4 Delhi, a Agra qu'il faut contempler les merveilles de cet art disparu : les tombeaux d’ Houmayoum, le palais d’Akbar, a Agra, la mosquée de Fatehpour, «avec sa grande arche triomphale ouvrant sur un demi-déme », le palais de Chah-Jahan, a Delhi, la Mouti-Masjid ou mosquée Perle d’Agra (fig. 28), qui porte cette inscription : « Depuis la création du monde, on n’avait pas vu un monument semblable. »
cnet
L’ ARCHITECTURE INDO-THIBETAINE
C’est aux recherches de G. Le Bon que nous sommes redevables de la connaissance de l’architecture indothibétaine qui a produit les monuments du Népaul. Par son isolement, di a sa position géographique entre les chaines de montagnes qui séparent I’Inde du Thi-
série de monuments figurés dans leur ordre chronologique, figv 218 et suivantes.
bet, par son état politique, cet état a gardé une indépendance originale dont se ressent son art, heureux mélange des traditions hindoues, chinoises, et aussi musulmanes pour une assez faible part. En certains endroits, la fusion des diverses traditions est assez intime pour qu’on se croie, parfois, en présence d’un type nouveau spécial 1.
Les temples du Népaul, dont le nombre est considérable jusqu’a atteindre deux mille, et dont l’antiquité est souvent fort ancienne, se répartissent assez naturellement en trois séries, ot la forme et le caractére des ceuvres se trouvent d’accord avec la donnée chronologique.
Dans le premier type, le plus ancien, remontant aux u*, 1° s:écles et suivants, de notre ére, apparait nettement la tradition bouddhique de l’Inde. Destinés au culte bouddhique, ces.temples sont des topes hémisphériques rappelant celui de Sanchi; mais la balustrade y est remplacée « par une petite plinthe circulaire entourant la base du monument et appliquée contre lui? ». Quatre petits sanctuaires, contenant des statues, se dressent aux quatre points coincidant avec les quatre points cardinaux; d’autres édicules, des statues, complétent cet ensemble entourant le tope central surmonté d’une tour carrée 4 toit trés élevé qui porte sur son faite une tourelle ou clocheton en forme de poivriére. Un exemple de ce type est le grand temple de Buddnath, ou le clocheton s’éléve a plus de 40 métres, l’ensemble mesure prés de 100 métres en