FIG. 38. — BAS-RELIEF DE
BOUDDHA-GAYA. auteurs et surtout tous les observa-
teurs ont loué le caractére de vérité que reflétent les figures d’animaux, les reproductions des arbres, l’heureux choix et le naturel des attitudes et des groupements, la hardiesse et la franchise des mouvements. | Pendant des siécles, les sculpteurs hindous resterent fidéles a ces traditions, que l’on retrouve dans les statues colossales comme dans les plus naives statuettes, dans les figurines, les petits bronzes ou les images taillées dans le bois. Parmi toutes ces ceuvres, -ilest bien difficile de faire un départ exact pour les classer par époques, I] faut renoncer, en tout cas, a les” répartir par écoles. Certaines statues, comme le Skanda ou Karttikéya, en granit gris, du musée Guimet
1. S. Lévi, loc. cit., p.» 709, col. 2. Cf. Fergusson, History of Inde and E. Arch., p. 33.
balustrades anciennes 4 Bharhut, * —
ment sir de lui-méme! ». Tous les ©
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LA SCULPTURE. 13k
(fig 39), que le beau dessin de Régamey a vulgarisé ’, sont dignes d’appartenir.aux plus belles époques. Le dieu de la guerre, fils de Civa, est représenté debout,
armé du vadjra, la foudre indienne, et d’une épée; il est appuyé contre un paon. Ceint
du cordon brahmanique et —
des. autres attributs sacrés, coiffé de la haute mitre, les oreilles et les épaules chargées de joyaux, les bras cerclés de bracelets, il tient ses quatre bras dans les gestes que comporte le rituel. Une de ses paumes montre le losange civaiste. S’il a quatre bras, c’est un signe de puissance, les prescriptions liturgiques proportionnant le nombre des membres au pouvoir dont dispose le dieu, qui nous apparait la dans sa force et sa sérénité.
Si le Skanda peut étre ‘pris comme type des belles
FIG. 39. — KARTYIKEYA
OU SKANDA, (Musée Guimet.)
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productions de lart hindou ou fee canons antiqués continuent a étre assez fidélement observés, la Lakmi du méme musée nous initie a une formule plus fran-
1. L. de Milloué, Petit guide illustré du musée Guimet, p. 50."
Cette belle statue est placée dans la premiére salle de la galerie
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{32 L2ART IN DIEN.
chement indienne qui laisse entrevoir les premiéres
‘tendances indo-chinoises (fig. 40). Les proportions sont
déja plus théoriques, Pexagération de finesse saute aux yeux pour la taille, comme dans l’ampléur des hanches. La déesse de la Fortune et de l’Amour a sans doute aussi les bras trop longs, cependant les autres rapports sont exacts. La hauteur totale est de huit tétes.
C’est la proportion que les Grecs observaient dans les figures des dieux. On s’accorde assez généralement pour dater cette belle statuette de bronze du xvi siécle de: notre ére, Elle ne représente pas une ceuvre absolument originale, mais plutdt un modele courant que l’on trouve dans mille temples et méme: dans les plus petits sanctuaires. J’en ai jadis vu une toute semblable dans une crypte d’Ariancoupom, prés de Bravve: (huash @oiae)), Pondichery. Cette Lakmi était en sr Ue Vederpe cuite brune ou rougeatre,
mais la fumée des parfums et des lampes qu’on brilait devantelle, sans tréve, depuis longtemps, l’avait revétue d’une patine noire et brillante. Si l'on compare la Lakmi du musée Guimet aux: personnages des bas-reliefs de Karli (fig. 36), on voit, au premier coup d’ceil, que les proportions sont toutes différentes. Les figures de Karli, pour étre d’un rendu plus naturel, sont beau-
FIG. 40. — LAKMI.
coup plus courtes, plus trapues, si Pon peut dire. Et en cela elles se rapprochent des personnages en bois sculpté fourmillant sur ces grands chars en bois noir poli ou peint 7 que l’on proméne autour des pagodes, pendant certaines fétes solennelles.
Le musée Guimet posséde une trés belle collection de fragments de chars; presque tous proviennent des pagodes du sud. Dans Vun (fig. 41), on voit un Brahmane et une Brahmine en tenue de sacrifice.
Nus jusqu’a la ceinture, comme le commande le rituel, ils se tiennent céte 4 céte, la femme tenant ses mains jointes, l’homme portant le vase-a offrandes !. Les per-