‹ L'art indienChapitre 86 sur 160 · PEIGNE INDIEN IVOIRE · texte numérisé non relu

PEIGNE INDIEN IVOIRE

der a tous les esprits curieux que tente l’étude des arts, de comparer avec soin les produits les plus modestes de la décoration indienne avec ceux que nous ont laissés les vieilles civilisations de l’Assyrie, de la Babylonie et de Egypte, celles plus récentes de nos Ages du bronze et du fer, et aussi la remarquable civilisation scandinave,

I] semble qu’en Inde, comme partout ailleurs, du reste, l’art décoratif n’ait fait, dans la période one aucun progres. Sans doute avait-il déja atteint son apogee a l’époque de la soi-disant Renaissance amenée par Ja domination des empereurs mogols. M. E. Sénart a donné les meilleures raisons de cet état de choses, avec la connaissance profonde qu’il possers du caractere des Hindous.

(Kensington Museum.)

LES ARTS DECORATIFS. 171

« La magnificence orientale, dit cet auteur, oscille communément entre l’accumulation de richesses trés positives, entassement de perles et de pierres précieuses,

et un déploiement de splendeurs plus voyantes que couteuses, dont quelques couleurs éclatantes et un peu de clinquant. font les frais. Elle est, en général, limitée a des circonstances

CYLINDRE GRAVE HETHEEN. ~

(Musée du Louvre.)

exceptionnelles et a des cours princiéres, grandes ou . 2 , = petites. A tout prendre, lélégance et le’ confortable

moyen de la vie ont,

KALPA VRICH.

(D’aprés Rousselet.)

en Orient, peu d’exigences; les besoins en mobilier, en luxe privé, sont vite satisfaits. I] ne se forme pas, sous l’impulsion dune demande étendue et variée, sous le contrdle de goltts inégalement riches et diversement inspirés, de ces courants actifs de consommation et de mode qui sont si favorables, si nécessaires au développement énergique de la production artis-

tique et industrielle. En dehors de certaines pompes extérieures, le cadre de la vie journaliére, d’une classe a autre, ne différe pas autant en Orient que parmi nous; jusque chez les riches, les recherches de l’ameu-

blement et le gout désintéressé dés Chases tase y tiennent peu de place. Atjourd’hui méme, ou tant. d’exemples étrangers auraient pu stimuler et ont, dans une certaine mesure, stimulé, en effet, des penchants et des besoins nouveaux, les industries d’art ne fleurissent guere dans l’Inde que la.

ou le dilettantisme plus ou moins spontané de quelque ‘rajah crée un centre souvent instable de production. J’ai pu voir, dans telle petite capitale perdue Shy) eee de l’Inde centrale, se dresser, sous limpulsion d’un

i; chef teinté de civilisation Z "occidentale, et sous une di-

rection semi-européenne,

eet ey oe de vastes ateliers destinés

(Broderie du Gagerat,) a fournir tour a tour, « au

chateau », soit les bijoux

des fiancées du roi, soit la sellerie ou les armes, soit

.des lampes électriques pour les grands jours. Henin

appréts, plus fastueux que solides! Un changement de personnes, et ils auront vécu! ».,

On peut objecter a cette prédiction pessimiste que ga été justement la létat de toutes les civilisations artistiques les plus raffinées. L’Italie de la Renaissance n’en a guére connu d’autres, Et sans tous ces petits princes qui se levaient et disparaissaient comme

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