PLAN DU CHATEAU DE TAGA
(D'après Yosai.) même à la Chine, il est bien la résultante
des causes contingentes qui ont présidé à sa naissance.
Deux lois le régissent et lui impriment sa physionomie générale : l'emploi à peu près exclusif du bois et la prédominance des vides sur les pleins. L'architecte japonais est avant tout un charpentier; la construction japonaise est le triomphe de la mortaise. Les plus vastes comme les plus humbles édifices sont en bois. Temples et maisons, théâtres et palais, nont pour ainsi dire pas de murailles. Il n'y a de points d'appui que les piliers, qui sont réunis par de minces cloisons ou des châssis mobiles. Un autre caractère dominant est l'importance de la toiture ; l'organisme de
L'ARCHITECTURE
tout édifice japonais se concentre dans sa toiture, qui déborde en larges saillies.
L'emploi du bois remonte aux sources mêmes de l'histoire du
TOITURE D UN ANCIEN TEMPLE JAPONAIS. (D'après une composition de Yosaï. )
Japon. Les petits temples aïnos, avec leur toit de chaume très saillant supporté par une demi-douzaine de troncs en grume, nous donnent une image approximative de ce que pouvait être l'architecture japonaise au temps de l'empereur Zinmou. L'embryon a suivi sa voie naturelle de développement et le petit sanctuaire aïno,
qui n'est guère supérieur aux huttes polynésiennes, est devenu, en un millier d'années à peu près, le grand temple shinto de Kassouga, à Nara.
Ce n'est pas, comme on pourrait le supposer, que la pierre soit rare au Japon ; mais les bois de charpente y ont toujours été tellement abondants et de si excellente qualité que leur emploi s'est imposé de lui-même. De plus, la fréquence et l'énergie des tremblements de terre sur ce sol volcanique en ont fait peu à peu une obligation ; l'élasticité et la légèreté des constructions de bois pouvaient seules résister à des secousses qui eussent infailliblement renversé des monuments de pierre.
Ceci étant donné, les Japonais ont tiré un merveilleux parti de l'usage du bois. Leur imagination féconde en a fait valoir toutes les ressources et ils sont arrivés au dernier degré de l'habileté technique.
Les essences employées de préférence pour la construction appartiennent aux conifères, qui couvrent les montagnes du Japon et atteignent, comme on sait, sous ce climat, des dimensions colossales; et, parmi celles-ci, les plus estimées sont le soughi, le tsouga, le kourobé-soughi, et surtout le hinoki (variétés de sapins et de cryptomérias'. Les colonnes du temple de Tshiôin, à Kioto, ou du grand temple d'Assaksa, à Yédo,' égalent les mâts de nos plus gros vaisseaux et leurs jeux de perspective rappellent ceux de nos cathédrales. Les piliers du porche du temple du Daïbouts, à Nara, sont d'une seule pièce de bois et mesurent cent pieds de haut sur douze de circonférence; la construction remonte au vme siècle. Les hautes pagodes à cinq étages qui ornent les enceintes de quelques grands temples bouddhiques sont des chefs-d'œuvre d'ajustement et de hardiesse.
Les documents relatifs à l'histoire de l'architecture au Japon sont rares, les ouvrages indigènes sont presque muets sur cette question. Le peu de renseignements offrant quelque garantie, qui
ancien masque. DE THEATRE, en bois laque