DANSEUR DU CAMBODGE, PAR BOKOUSAÏ
(GrauJ netzké de la collection de M. L. Gonsë.) tOUteS et Ce n CSt
que justice, car s'il y a eu des praticiens aussi adroits, il n'en est aucun qui ait allié — " comme lui l'originalité de l'invention, la largeur et la sobriété du style à la force concentrée de l'expression. Il faudrait accumuler les épithètes pour miva. rendre par les mots le plaisir que vous cause un beau netzké de Miva. C'est presque une jouissance du toucher, tant les accents en sont fondus et assouplis.
A ma connaissance, celui-ci n'a sculpté que des bois : personnages ou animaux. On en compte une demi-douzaine disséminés dans les collections de Paris. J'en possède trois, signés : un Acteur jouant la danse du
MOUCHE, PAR TOMIHAROU (1781)).
(Collection de M. L. Gonse.)
LA SCULPTURE
lion; un dieu de longévité, en bois laqué et doré portant un enfant sur sa tête; un paysan couvert d'un vêtement de paille et d'un grand chapeau, accroupi, à l'affût, et semblant guetter une proie invisible. M. Wakaï déclarait ce dernier netzké le plus beau qu'il ait vu en Europe et au Japon. C'est, en effet, un chef-d'œuvre de vie, une merveille d'expression dramatique.
La maîtrise du ciseau y défie toute comparaison. Le masque du paysan, animé d'une sourde colère, la souplesse du corps, qui s'efface et rampe à terre, sont prodigieux. Un dessin de Guérard reproduit ici cette superbe pièce.
J'attribuerais aussi à Miva Ier un admirable netzké de la collection de M. Auguste Dreyfus; il est en bois peint et représente la vieille Komati, assise, son bissac au côté. La peinture, usée par le frottement, a pris des tons d'une douceur charmante; le modelé de cette figurine, haute de six centimètres, a l'ampleur de la nature même. Il est impossible de mettre plus de grandeur de style et plus de science de dessin homme aux longues
COQj PAR MASANAO.
(Collection de M. L.Gonse.)
JAMBES, PAR MASANAO.
dans un plus petit espace. Cette vieille(c0n. de m. Momenore.) édentée, image sublimée de la misère et de la décré-
,,,.,. Pitude, pourrait tenter le burin de M. Gaillard. De
(cou. de m. L.Gonse.) Miva encore me paraît être ce personnage, effrayé par un rat, dont l'expression d'horreur est rendue avec tant de puissance, et cet acteur sous un costume de jeune fille, qui se