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CHAPITRE II

I \ Kl NAISSANCE (SUITE)— L'ORNEMENTATION— LA PEINTURE, LA STATUAIRE, ETC.

126. L'ornementation. — La pléiade de grands artistes italiens qui

parut au XVIc siècle donna une direction définitive au goût de L'Europe occidentale. Il se tourna vers un idéal plus jeune, plus varié et plus vivace peut-être que celui de l'antiquité. Ces grands maîtres élevèrent les arts décoratifs à leur plus haut point de perfection, en y apportant cette largeur d'idées et cette étendue de savoir qu'ils possédaient et devaient à leur forte éducation artistique. ( hacun d'eux était à la fois peintre, architecte. Bculpteur, souvent ingénieur, mécanicien, graveur ou musicien, et toujours lettré ;

aorte qu'il trouvait en lui-même toutes les ressources et tous les moyens d exécution.

Entre de telles mains, l'ornement devait prendre un caractère nouveau

rgir son domaine. Il devait tendre à sortir de plus en plus des types

el les Formules plus ou moins uniformes imposées par la domination presque

lusive de l'architecture, ou transmis par la pratique t raditionnelle des métiers. Enfin il devait conduire l'art décoratif dans les voies d'une liberté relative} déjà préparée par la fantaisie qui avait caractérisé la fin de l'époque ogivale, du moins en ce qui concerne l'ornementation des manuscrit-.

En même temps, l'art du dessin, perfectionné au contact des plus beaux modèles, et dégagé des naïvetés et des inexpériences du moyen âge, favorisait, dans les compositions, une plus large introduction de la figure humaine, qui y déterminait, par sa présence, les proportions de rapport avec son entourage.

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I /ornement etn )\x\ a de loi plu I réquemment mubordonné, aux product ion d< ai I I îque i |U

apo i qui tou communiquèrent à l'ornement quelqu<

\in i. pendant leur siècl </'"/. lec Italien ont fait de Fart du un art supérieur et encyclopédique. D'aprè A R l.

lychronu .

127. Caractères de l'ornementation Renaissance, i l'ornementation Renaissance ; moine l'ai romain q

a présidé au développement de cet art, c'est-à-dire la n hi d* la I pour elle-même. Ainsi les artistes de la Renaissance, au lieu d< une Bimple imitation des sculpteurs dassiqui in>pirent commi formes naturelles, les stylisent, et en tirent ces charmants rinceaux impi ment appelés arabesques, ainsi que toute cette riche ornementation qu< allons décrire. Cette commune source d'inspiration fait que l'ornei tation Renaissance a plusieurs caractères identiques .;i ceux de l'on tion gréco-romaine. Ainsi, elle est, comme celle-là, onnelle,

tique, éléganU etdélicaU no82 ; mais elle est plus fantaisisU et plu

La farUaisù domine particulièrement dans certaine- compositioi les figures d'animaux fantastiques sont habilement combiné dl-

lages ou des rinceaux variés. "Ce curieux assemblage de figures, d'animaux chimériques, d'enroulements ; ce dévergondage raisonné de l'imagination produit, grâce à un harmonieux enchaînement, des effets tellement bien cadencés, que l'œil ne peut se lasser de les étudier, l'artiste, d'y puiser d'< cellents modèles. C'est l'exemple le plus complet de la fantaisie." Laboulaye — Uart industriel.

La variété va de même jusqu'à l'extrême dans l'ornementation cornu dans tous les produits artistiques de cette brillante époque. I >n trouv< profusion des enroulements de tous genres, rappelant ceux des g ix, du serpent, du cuir, etc.;des formes diverses faisant penser aux élément s hitectoniques d'alors ; des combinaisons et des créations habilement agen en un mot une foule de compositions dénotant la plus admirable fécond:

128. Éléments. — 1° Les cartouches, les cadres et les panneaux décorai {fig. 107). Le cartouche est un motif d'ornementation offrant à sa par centrale un espace libre destiné à recevoir une inscription, un emblème, une

lil-h >ii;i. 1)1 1. \i; r 1)1 \i AI.

date, etc. L'écu des armoiries «lu moyen âge, entouré d( en est certainement l'origine ; maie ce n'est qu'au XVe siècle que Lee sculpteurs italiens el français ont donné à cet ornement L'intérêt qu'il méri

Ce produit du génie architectural européen repose L'attention et fixe L'intérêt en Le divisant, dans toutes lee compositions d'ensemble où il « employé.

Les premiers cartouches du XVIe siècle ont l'apparence de bois menuisé. Les volutes qui les décorent doivent peut-être leur idée aux enroulemei naturels des menus copeaux produit- par le rabotag

Les cartouches de la fin du même Biècle sont des combinaisons plus étendues des mêmes moyens ; ils sont Formés de deux plan- superposés et découpés dont Les enroulements ou cuir- sont enchevêtrés de manière à lais* voir tantôt un plan, tantôt l'autre (fig. 107 a .

Dans Les cartouche- du commencement du XVIIe siècle, on ajoute aux cuir- «le- guirlandes et des feuillages.

La plupart des cartouche- Renaissance témoignent d'une imagination et d'un goût artistique remarquable.

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< . ii.iiii cadn ou pann< ont pi

de cartouche

2° Lesrina 1 08 ) . L

anc< onl o\\\ ent mai* impropn ment ap] i • bien peu de ri i mblam oi n< i

minai ion arbit raire leur fut peut donnée pour le* di

ceaux romain . qui ont faits d'enrouleiw '

Renai ance, en effet, sont beaucoup plus fanta i plu*

vaii 11- i compo ent de feuillages en \ olute . et d(

imaginaires agei rdinairement avec une adr< tonnant Oi

voit les courbes les plus délicates et les plus gracieu mêlei

à la végétation dentelée de la feuille d'acanthe, que la Et

en honneur. Des figures d'enfants et d'animaux y paraissent

d'une manière très heureuse. La richesse d aux va quelque^

jusqu'à l'exl rême.

Les arabesques des loges du Vatican, peintes par Raphai 1. -<»nt célèbn pour leurs combinaisons audacieuse Elles lurent inspin peintre par de riches débris de fresques antiques trouvées dans les fouilles de Rome et d'Herculanum.

3 Les consoles (fig. 109). Outre les modillons employés dans les corniches, à la manière des Romains no 83 . la Renaissance fit usagede consoles de formes diverses. ( Cependant le plus grand nombre ressemblent aux modillons classiques, c'est-à-dire qu'elles sonl comp de deux volut

se recourbant en sens inverse. Le plus souvent les enroulements d< - volul sont en relief sur les faces latérale-.

Les consoles supportent ordinairement une saillie. un balc<

un encorbellement; et elles prennent alors l'une d( citions a et 6 ,11a : niais la Renaissance a fait aussi usage de la console renvc <>ur

remplir un vide entre deux surfaces dont l'inférieure excède l'autre. Dans ce cas la console prend l'une des positions c et d.

4° Les caryatides fig. 48).- Toutes les formes de carvatides

Fig. 111a — D'iSé - positions de la

186 HISTOIRE M I." \i; I ORNEMENTAL

grecques el romaines no s». 5 ont été en usage au tempe de la Renaissant On sait qu'elles servent à remplacer des colonnes, des pilastres ou des consol( Parmi les plus belles, il faut citer celles du Louvre, dues au ci» de Jean ( rougeon.

5 Les mascarons (fij^. 17 Le mascaron de cette époque est, comme celui des Romains, très fantaisiste : il prend Les formes les plus varié Souvent des rinceaux et des feuillages l'accompagnent. Seul, il sert à décorer les clefs de voûte, les rinceaux des portes, les panneaux, etc.

(>° Les guirlandes (fig 41). — Ces ornements, bous la Renaissance, Boni représentés accrochés à des clou-, enroulés autour des colonnes, dispos

en feston- dans les frise-, les panneaux, les frontons, OU pendu- aux volut

des chapiteaux et des cartouche-. Il- -ont formés de Heur-, de feuilles, de

fruits réunis en tresses, ou même quelquefois de -impie- feuille- disposi en chapelets.

7° Ijs rameaux <( h s (< uilhnji s ti^;. 1 10 » qui sont de forme plus ou moins conventionnelle et décorent particulièrement les panneaux. On peut considérer cet ornement comme propre à la Renaissance, car on ne le voit pas dans les autres styles. Il n'est peut-être pas de plus beaux feuillages que ceux qui décorent les pila-tic- du tombeau de Louis XII. à Saint-Denis, France. Les artistes italiens de L'époque ont composé également d'admirables feuillages décoratifs, entremêlés d'oiseaux, de guirlandes, etc.

8° Les euirs, les volutes i t (< s < nrouL nu nts divi rs (fig. 114). — Nous avons vu que des cuirs et des enroulements en volute décoraient ordinairement les cartouches ; mais on trouve aussi la volute dans les chapiteaux, à l'imitation de l'art antique. Beaucoup d'autres forme- d'enroulements se voient dans les rinceaux, dans les consoles et dans un grand nomlue d'autres motifs d'ornementation.

9° Les i nfants, amours ou chérubins, les chimères fig. 111) et les dauphins (fig. 115.) — Quoi de plus charmant qu'une naïve figure d'enfant? Il ne faut donc pas s'étonner si les artistes de la Renaissance en ont placé si souvent dans leurs compositions ornementales. Tantôt ces figure- paraissent s'amuser avec une fleur ou une grappe de raisin, tantôt elles lancent des dards surun cerf ; ici elles soutiennent un écusson, là elles portent un vase ; ailleurs enfin, leur corps se termine en feuilles d'acanthes, qui donnent naissance à un ou deux rinceaux. Partout elles égayent et enrichissent la composition.

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