Disc, ifu pohne
" vementil y proposait d'assez bonnes règles,qu'il avait " tirées d'Aristote, d'Horace et de Scaliger. Ce poète " avait fait une Tragédie intitulée Alinde, qu'il cite " souvent dans sa Poétique, mais cette pièce fut trouvée si froide, qu'on n'en put jamais souffrir une seconde représentation {'). "
Jules Pilet de La Mesnardière était disciple d'Esculape, comme Claude Perrault. Avant d'écrire sur l'art des vers, il avait composé un Traité de la Mélancolie, à propos des possédées de Loudun, ses compatriotes. Il devint médecin de Gaston d'Orléans, maître d'hôtel du roi, et académicien par dessus le marché.
Chapelain le jugea bien sévèrement dans son Mémoire à Colbert : " La Mesnardière. Il écrit avec assez " de facilité et assez de pureté en vers et en prose ; " moins faible en français qu'en latin. Son style est " mol et étendu; et, dans ses longues expressions, se " délaye et se perd ce qu'il y pourrait avoir de rai- *' sonnable. Quand il se veut élever, il dégénère en " obscurité et ne fait paraître que de beaux mots qui " ne font que sonner et ne signifient rien....
" Enfin ce n'est pas un homme dont on puisse rien " faire, ni sur qui on puisse appuyer aucun dessein où " il faille jouir de tant soit peu de cervelle ('). " D'après mainte page de notre commentaire, on a pu juger, en dépit de Chapelain, que La Mesnardière avait fait preuve d'un " peu de cervelle " dans sa Poétique, sinon dans ses poésies. Le bonhomme Loret était plus galant que Despréaux et que Chapelain, à l'égard du médecin lettré :
" Le savant de La Mesnardière, " Qui sait de la belle manière " Parler et coucher par écrit
I. Brossette. — 2. Hist, de l'Acad. franc, etc., t. II, p. 99.
" Autant que pas un bel esprit...
" Le savant de La Mesnardière
" Depuis cinq jours est dans la bière ;
" Son esprit docte et relevé
" Du trépas ne l'a point sauvé ('). "
*' Que Magnon, du Souhait, Gorbin et La Morlière.
Nous trouvons parmi les notes de Brossette, notes en grande partie dictées par Boileau (^) :
" M. Despréaux nomme ces quatre poètes, comme " des modèles d'une froide et mauvaise poésie.
" 1° Magnon. Il avait fait un poème intitulé: \ En- ' cyclopédie, qui devait être de trois cent mille vers. ' Et en y travaillant, il disait à ses amis qui lui deman- ' daient quand son poème serait achevé : Cela sera ' bientôt fait : je n'ai plus que cent mille vers à faire. ' Et il le disait fort sérieusement. De tous les ouvragées ' de Magnon, je n'ai pu voir qu'une Tragédie, intitu- ' lée : [osaphat, imprimée chez Toussaint Ouinet en ' 1646. A juger du mérite de l'auteur par cette pièce, ' il est tout à fait digne du rang que M. Despréaux ' lui donne ici parmi les plus mauvais poètes.
Brossette écrivait ceci, le samedi 21 octobre 1702. En éditant les œuvres du maître, il ajouta quelques autres détails sur le poète encyclopédique : " Magnon " était né dans la province de Bresse, et fut quelque " temps avocat au Présidial de Lyon ; ensuite il s'éta- " blit à Paris. Il composa dans ces deux villes quelques " pièces de théâtre : Josaphat, Séjanus, Oroondate, " fort impertinentes; puis renonçant à des ouvrages si " bornés, il entreprit un poème intitulé : \ Encyclopé- " die... Scarron a, dit-on, dépeint admirablement ce