Brossette, loc. cit
" 3° Corbin était l'ami de Du Souhait ; et ils rimaient ' tous deux à peu près dans le même goût. Il avait " traduit la Bible mot à mot. Voici des vers de sa façon, " que M. Despréaux avait retenus :
'•'• A M. Du Souhait. Odelette :
" Qui t'a, mon du Souhait,
" Dicté tant à souhait
" Le vers qui te renomme ?
" Ces vers ne sont pas tiens ;
" Un homme je te tiens ;
" Ces vers ne sont pas d'homme ('). "
Ce Jacques Corbin eut pour fils l'avocat Jacques Corbin, que Despréaux fait " enrouer ", au vers 36 de sa maigre Epître de l'Huître. Cet avocat fut précoce ; " il plaida sa première cause à quatorze ans, et ne plaida " pas mal pour son âge. Martinet, célèbre avocat, fit " alors cette Epigramme :
" Vidimus attoniio pueruin garrire (^) Setiatu , " Bis pueri, pueruin qui stupuere senes. "
Jacques Corbin, son père, le poète, " offrit (raconte "encore Brossette) un tableau votif à Notre-Dame, " pour obtenir à son fils un heureux succès dans sa " plaidoirie, et mit ces deux vers au bas du tableau :
" Vierge au visage bénin, " Faites grâce au petit Corbin. "
L'intention était excellente, mais l'inscription ?... ! Corbin fit beaucoup d'autres vers pleins de bonne intention. 11 rima une Franciade, ou Vie de saint François, en douze chants, de laquelle il fut le premier — peutêtre aussi l'unique — admirateur. 11 traduisit lui-même son admiration dans ce quatrain enthousiaste :