I. Édil. d'Amsterdam, 1709, p. 1 et 2. — 2. Ib., p
" vents qui soufflent le froid sont les derniers soupirs " de la nature agonisante {').
Le Printemps. " Je pense que la nature est aux " noces. On ne voit que danses, que concerts, que " festins ; et qui voudrait chercher dispute, n'aurait " pas le contentement d'en trouver, sinon de celles " qui, pour la beauté, surviennent entre les fleurs. Là, " possible, au sortir du combat, un œillet tout sanglant " tombe de lassitude. Là, un bouton de rose, entlé du " mauvais succès de son antagoniste, s'épanouit de " joie. Là, le lis, ce colosse entre les Heurs, ce géant de " lait caillé, glorieux de voir ses images triompher au " Louvre, s'élève sur ses compagnes, les regarde de " haut en bas, et fait devant soi prosterner la violette, " qui, jalouse et fâchée de ne pas monter aussi haut, " redouble ses odeurs, afin d'obtenir de notre nez la " préférence que nos yeux lui refusent. Là le gazon de " thym s'agenouille humblement devant la tulipe, à " cause qu'elle porte un calice (''). "
La rosée â!Été. "... Cette belle rosée, qui nous fait " croire par ses infinies gouttes de lumière, que le " flambeau du monde est en poudre dans nos prés ; " qu'un million de petits cieux sont tombés sur la terre; " ou que c'est l'âme de l'univers, qui, ne sachant quel " honneur rendre à son père le soleil, sort au-devant " de lui, et le va recevoir jusque sur la pointe des " herbes. Les villageois s'imaginent, tantôt que ce " sont des poux d'argent tombés au matin de la tête " du soleil qui se peigne ; tantôt la sueur de l'air, cor- " rompue par le chaud, où des vers luisants se sont mis ; " tantôt la salive des astres, qui leur tombe de la " bouche en dormant. Mais enfin, quoi que ce puisse " être, il n'importe ; fussent les larmes de l'Aurore, elle