‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 140 sur 255 · V. Ép. X. — 4. Ép. VJ · texte numérisé non relu

V. Ép. X. — 4. Ép. VJ

" Il y a, dit-il, un très grand nombre de petites " choses, qu'elle ne saurait dire noblement. Ainsi, par " exemple,bien que.dans les endroits les plus sublimes, " elle nomme sans s'avilir un mouton, une chèvre, une " brebis, elle ne saurait, sans se diffamer, dans un style " un peu élevé,nommer un veau, une truie, un cockon{^). " Le mot Aç. génisse en français est fort beau ; surtout ' dans une églogue ; vache ne s'y peut pas souffrir. " Pasteur et berger y sont du plus bel usage ; gardeur " de pourceaux, ou gardeur de bœufs y seraient horri- "blesC)."

Au dire de Louis Racine, Despréaux se vantait d'avoir, le premier, parlé àw fusil et du canon en termes nobles, sans les appeler par leur nom. Hélas ! combien de mauvais copistes se sont autorisés de cette manie de tout ennoblir ! combien, durant cent ans et plus, ont cru que la poésie consistait en énigmes rimées et partagée de six en six syllabes !

Vers la fin de ses jours, Boileau put lire un éloge décerné à son style noble, si jamais Boileau s'avisa de feuilleter les Nouvelles littéraires de Jér. du Perrier et Anthelme de Tricaud:" Le langage des dieux, écri- " vaient ces gazetiers peu fameux, est d'un difficile " usage ; et il n'est pas donné à tout le monde de le " parler aussi noblement o^^ M. Despréaux (^).

i.V. Hugo est d'un tout autre avis. Il nomma l'animal qui aux XVIP et XVI Ile siècles : " se nourrissait de glands "; il s'en fait gloire ; et il crie : " silence ! " au " ci-devant Boileau ! " Comme il s'escrime à réhabiliter toutes les laideurs et ignominies, il choie la " populace du " style ", les mots " sans bas, sans perruque " — et sans vergogne.

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