‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 164 sur 255 · Caract., ch. I · texte numérisé non relu

Caract., ch. I

Le p. du Cerceau, fidèle au conseil de Boileau et plus encore aux règles de l'honnête élégance, écrivit des vers charmants, dans cette langue de Marot. Une de ces jolies bluettes a pour titre : ^'^ Le sage " imitateur de Marot ". Le poète Jésuite s'y est souvenu de \ Art Poétique. Après une énumération des dons et talents départis aux faiseurs de vers, il continue :

" De tous ces dons Marot n'eut en partage " Qu'un élégant et nd^iî badifiage ; " Et si j'en ai quelque chose hérité, " C'est un vernis de sa naïveté...

" Quant à Marot, il me plaît, je l'avoue ; " Pour bon poète en tous lieux on le loue ; " Je le voudrais encore homme de bien ; " Et me déplaît qu'il fut un peu vaurien. " — Vous l'imitez tel qu'il est ? — Je l'imite, '•' Dans son style, oui ; mais non dans sa conduite ('). "

La restriction est sage, comme l'imitation. — Telle fut l'imitation que Boileau se permit, sur ses vieux jours, du vieux poète de François lei'. Le 13 décembre 1704, Boileau envoyait à Brossette deux de ses épigrammes; savoir celle de Lubin "l'amateur d'horloges" et celle qui commence par : " Oui, Le Verrier..." Quelques jours après, Brossette remercia Boileau de ses deux petites œuvres : " C'est un agréable présent que " vous avez fait à toute la ville de Lyon. Car on m'en ** a demandé je ne sais combien de copies, par le " moyen desquelles vos Epigrammes sont devenues " si publiques, que tous les honnêtes gens les savent, " surtout la première qui est plus à la portée de tout " le monde. Aussi faut-il convenir qu'elle est d'une " naïveté égale à tout ce que nous avons de meilleur

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