I. La Déf. des Beaux Espr., p. 67 et
pourvus de critique et de discernement. Une autre hypothèse aussi probable est celle que nous avons insinuée plus haut; savoir que ce passage est une imitation peu approfondie de la Pofupe ftinèbre de Voiture. Au demeurant si Marot ne s'exerça point à tous les petits tours de force, dont Boileau lui fait honneur, toute la gent rimailleuse de cette époque s'y livra passionnément. Un contemporain de Marot, Antoine Héroet, énumère ces jeux de patience poétique, où s'usaient les minces génies du xvi^ siècle :
" ...Chansons, Ballades, Triolets, " Motets, Rondeaux, Servants et Virelais, " Sonnets, Strambots, Barzelottes, Chapitres " Lyriques vers, Chants royaux et Épitres ('). "
Et ce n'est pas tout.
Pourquoi Boileau semble-t-il faire un grand mérite à Marot d'avoir rajeuni ces vieilles choses .'* On ne le voit pas clairement. Ce n'était point là une réforme sérieuse de la poésie française. Un vieux poète du xvie siècle, Claude Garnier, avait, non sans cause, félicité Ronsard d'avoir mis au rebut :
" ces Triolets,
" Ces Rondeaux, ces Ballades, " Ces équivoques fades, " Qui regorgeaient de fard, " Par avant que Ronsard " Eût branché l'ignorance " Pullulante en la France, " Du temps de nos aïeux " Trop peu malicieux (^). "
Malgré ses services, Ronsard va être immolé par Boileau sur les autels du bon goût.
Que pensait le xvii^ siècle des menues productions