‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 194 sur 255 · Jyg. des Sav., t. IV, p. 46c · texte numérisé non relu

Jyg. des Sav., t. IV, p. 46c

" aujourd'hui ne parlera pas peut-être si bien dans '* le siècle suivant ; à moins que MM. de l'Académie " française ne nous donnent des règles certaines de " notre langue...

" L'on doit toujours traiter avec respect les grands " auteurs qui ont enrichi et ennobli la poésie et la " langue française. Et peut-être, malgré tous les dogmes " que M. D*"^* veut nous donner, on pourrait lui " appliquer ces deux vers qu'il fait contre Ronsard, et •' que du moins sa muse à son tour pourra vo/?', datis " l'âge suivant, etc " (')

A part cette prophétie, le morceau de Pradon est sensé. N'est-ce pas plaisir de l'entendre dire qu'il faut " traiter avec respect les grands auteurs? " Carel de Sainte-Garde s'élève, à propos des mêmes vers, jusqu'à l'éloquence. Il rappelle \ heureux destin de Ronsard ; et répondant aux deux passages (ch. i et ii), où Despréaux censure *' ce divin personnage" , Carel s'écrie : " Le censeur blasphème (car l'on ne peut " pas user d'un autre terme lorsqu'un malheureux " s'attaque à une divinité); il blasphème, dis-je, en deux " endroits contre Ronsard. Dans sa censure il se con- "• i redit. En l'une, il l'accuse d'être trop enflé; et en " l'autre, il l'accuse de s'abaisser trop. Mais ce divin " personnage n'a pas besoin de défenseur...

" L'antiquité latine, ni la grecque, n'a point produit " d'homme plus né qu'il était à la poésie. Il avait l'ima- " gination très vive et très féconde, si bien qu'il ne for- '■ mait jamais que desimagesbien faites et enproduisait " sans nombre sur toutes sortes de sujets. Aussi a-t-il '' composé tout seul plus de volumes que trois ou quatre " poètes n'auraient su faire. Vous trouverez en lui

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