I. La dé/, des Beaux Espr., art. VIII, p
" Enfin Malherbe en eut pitié, " Et l'ayant pris en amitié, " Lui débarbouilla le visage, " Et le remit sur le bon pié, " Renvoyant à la friperie " Ses haillons et sa broderie.
" Alors dans le sacré vallon, " On décria la vieille mode ; " Et Malherbe sous Apollon " Fit publier un nouveau code, " Défendant ces vieux passements, " Qu'avec de grands empressements " On allait chercher pièce à pièce, " Au Latium et dans la Grèce.
" Ronsard en fut triste et marri, " Perdant beaucoup à ce décri ; " Il en pleura même, et de rage " Il se soufifleta le visage, " Et s'alla cacher dans un trou, " En se souffletant tout son soû.
*' Les Muses n'en firent que rire, " Et demandaient par quel hasard " Ronsard si vanté pour bien dire, " Donnait des soufflets à Ronsard (').
Ronsard avait-il prévu ce " retour grotesque ? " On pourrait le soupçonner. Il ne se faisait point illusion sur les difficultés de son langage grec et latin ; il avait même écrit, à la fin du iv^ Livre de sa Franciade (^) :
1. Rec. depoJs. div., par le R. P. du Cerceau, Nouv. Édit. — Le Grand l'révôt du Parnasse {Qo\\Qa.u). p. iii et II2. " Donner des soufflets à Ronsard " signifiait, avant Malherbe, faire une faute de français. — Un confrère du P. du Cerceau avait, quarante ans auparavant, dit les mêmes choses en style plus grave : " Du Bartas et Ronsard ont eu tout " le génie dont leur siècle était capable. Mais comme les poètes français " étaient ignorants, ils affectèrent de faire l'un et l'autre les savants, pour '■ se distinguer du commun ; et ils se gâtèrent l'esprit, par une imitation '■'■ des Poètes grecs très mal entendue. " (P. Rapin, Réflex. sur la Poét.)