‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 242 sur 255 · Caract. I. Des ouv. d'espr · texte numérisé non relu

Caract. I. Des ouv. d'espr

" de gloire d'avoir bien traduit ces préceptes, s'il a la " force de les suivre (')." Nous avons assez démontré

qu'il les suivit.

" Mais sachez de l'ami discerner le flatteur:

" Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue.

" Mirabor, si sciet inter

" Noscere mendacem verumque beatus amicum.

" Si carmina condes,

" Nunqua/ii te f allant animi sub vulpe latentes (^). "

Quand le Renard de La Fontaine félicitait "monsieur du Corbeau " sur son habileté dans l'art de Lulli et de Lambert, le rusé songeait au fromage. Combien de dédicaces, d'odes, de sonnets ou de madrigaux du grand siècle, retournèrent, avec la même sincérité, le compliment de sire Renard:

" Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! "

Le Botirgeois Gentilhonnne vidant ses poches en l'honneur du faquin, qui l'appelle " Mon Gentilhomme " et " Monseigneur ", voilà bien un trait de mœurs du temps de ^Molière: et un peu de tous les temps.

" Aimiez qu'on vous conseille, et non pas qu'on vous loue.

Ce stoïcisme serait beau chez les lettrés ; mais où sont ces héros?... Boileau n'était point l'ennemi de la louange décernée à propos. Il savait que cette " louange agréable est l'âme des beaux vers. " Toutefois une de ses lettres est un large commentaire de ce vers. Il termine fièrement une réponse à l'auteur du Bolaeana, par ces mots, dignes d'un Romain de Corneille: " Surtout trêve aux louanges; je ne les mérite

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