‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 6 sur 255 · Édit. de Genève, Avertissement · texte numérisé non relu

Édit. de Genève, Avertissement

2. Titre que lui donne le P. du Cerceau, dans une de ses plus fines poésies,

développe, il les confirme. C'est donc son témoignage que nous invoquerons en première ligne. Il est notre première source, comme de juste. On pourra se convaincre qu'il n'a pas trop l'habitude de se contredire, et

" Qu'il t.%\. jusqti'auboiit tel qiûon Pa vu d'abord ('). "

Autour des décrets de Boileau, nous grouperons, d'une part, les décisions, la pratique, les faits et gestes de l'élite littéraire; d'autre part les réclamations et appels, les crimes et délits poétiques du " bas Parnasse ".

Nous n'aurions garde d'oublier et d'omettre les attaques des adversaires ; car la Poétique en eut ; et elle devait en avoir : " On peut bien croire que \ Art " Poétique excita la révolte sur le bas Parnasse. Par " tous pays les mauvais sujets n'aiment pas qu'on leur " fasse la police (^). " Mais aussi il est rare que les ennemis ne se disent des vérités, au beau milieu même des injures. Boileau ne se fâchait qu'à moitié des invectives décochées sur lui par la plèbe des rimeurs. Il y trouvait double profit. Lui disait-on par hasard : Les critiques pleuvent sur vos vers : " Tant mieux, " répondait-il ; les mauvais ouvrages sont ceux dont on " ne parle pas (^). " Il examinait ensuite ces critiques, sachant bien que

" Un sot quelquefois ouvre ufi avis i ui porta nt {^)" ;

et plus d'une fois, après examen de ces pièces, il se corrigea. Nous le constaterons en temps et lieu.

Voilà pourquoi aux explications fournies par Boileau, par Brossette, par tous les amis, alliés, ou sujets du

Page 1