Ibid
2. Boileau affectionne l'image qui lui sert à définir l'épigramme. Il la répète, vers le milieu du Chant II :
" N'allez pas... aiguiser... une épigramme folle. Lui aussi, du reste, sut aiguiser cette arme. Il le fit bien voir aux Chapelain, aux Cotin, aux Boyer, et à maints autres, qui couraient, à ses côtés " la carrière épineuse ".
" Cet autre inspirera à ses ouvrages je ne sais quel " esprit d'amour et quelle passion délicate qui ne sera " point ailleurs.
" Un troisième, quoique en riant, aura l'art de semer " dans les écrits plus de belle morale que tous les " autres.
" Et qui pourrait dire tous les divers caractères qui " sont déjà, ou qui peuvent être à l'avenir en cette " sorte de choses (') ? "
" Malherbe d'un héros peut vanter les exploits, " Racan chanter Philis, les bergers, et les bois.
" Waller a hero's mighty acts (may) extol, " Spenser sing Rosalind in pastoral. "
(Dryden.)
C'était la mode, au xvii^ siècle, d'associer l'auteur de l'ode à Louis XIII et l'auteur des Bergeries, le maître au disciple. Malherbe ne se présente presque jamais alors chez les critiques et autres lettrés sans avoir Racan pour acolyte.
Déjà Despréaux avait dit :
" Tous les jours, à la Cour, un sot de qualité
" Peut juger de travers avec impunité,
" A Malherbe, à Racan, préférer Théophile {^). "
Conrart, le " prudent " et silencieux Conrart, avait, depuis longtemps, écrit à Boisrobert :
" Te voit-on pas, en rang d'oignon,
" Aller de pair à compagnon
" Avec Monfuron et Lingendes,
" Et les Muses nobles et grandes
" Du ^;(2iX\à. Malherbe et de Racan ? (3) "