Réjlex. etc., p. 7 et
" heureux en qui le génie supplée au savoir, et dont " les ouvrages ne sentent ni la contrainte ni rétude(')." La contrainte n'allait point au nonchaloir du marquis auteur des Bergeries et des jolies stances de la Retraite. Quant à l'étude, elle ne fut jamais son fait. Tout le monde en convient ; et Racan est en cela de l'avis de tout le monde.
Chapelain, dans sa liste des poètes français, apprécie, sévèrement la facilité et l'absence de travail chez le bucolique Racan : " Il n'a aucun fond, et ne sait que " sa langue, qu'il parle bien en prose et en vers. Il " excelle principalement en ces derniers, mais en *' pièces courtes, et où il n'est pas nécessaire d'agir " de tête ..."
Costar, dans sa liste, dressée à la même époque que celle de Chapelain, dit : " De Racan : Le premier " poète de France pour le satyrique (c'est-à-dire, le " bucolique). Il a si peu de naturel pour le latin, qu'il " n'a jamais pu apprendre son confiteor, et il dit qu'il " est obligé de le lire lorsqu'il va à confesse. "• — En effet, Racan écrivait à Chapelain: " Je suis encore bien " souvent réduit à prendre mes heures, pour dire mon " confiteor à confesse ('). "
Racan faisait — en français — au chantre de la Z*?/^^//.? cette confession littéraire : " Encore que je me ' serve quelquefois assez heureusement des figures de ' Rhétorique, dont je ne sais pas le nom, c'est plus ' par hasard que par science, puisque je n'ai jamais ' su comprendre la différence qu'il y avait entre une ' comparaison et une métaphore, ni discerner le pré- ' térit d'avec l'aoriste (')."