‹ L'art poétique de Boileau (volume 2)Chapitre 108 sur 153 · Le triomphe de Pradopty p. 5 et · texte numérisé non relu

Le triomphe de Pradopty p. 5 et

2. V. Ouvr.des 6*a2/., juillet 1698. L. Racine, Traité de la poésie dramatique^ ch. IV.

de Polyeucte et à'Athalie, n'est point faite pour amollir les âmes. Condé pleurait aux pièces de Corneille; en était-il moins brave le lendemain }

*' Que de son nom, chanté par la bouche des belles, ** Benserade en tous lieux amuse les ruelles.

Les ** ruelles " étaient les salons présidés par des dames lettrées. C'est là, d'après le Grand Dictionnaire des Précieuses ('), que l'on acquérait la quintessence de Tesprit, le fin du fin : ** Comme la perle vient de ** rOrient et se forme dans des coquilles par le ménage ** que l'huître fait de la rosée du ciel, ainsi la précieuse ** se forme dans la Ruelle par la culture des dons su- ** prêmes que le ciel a versés dans son âme. " Longtemps avant Somaize, Sarrasin écrivait à MM. de r Académie : ** Nous sommes en un temps,... où les " Ruelles des femmes sont les tribunaux des plus beaux ** ouvrages. " C'est aussi la définition qu'en donne Baillet, qui paraît s'être souvenu de Sarrasin : ** Sou- ** vent les Ruelles des Dames sont les tribunaux où se " jugent les livres écrits en notre langue ; et ce sont " des écoles, où ceux de nos écrivains d'aujourd'hui, ** qui se piquent de politesse, vont puiser leurs lu- '* mières (').

Nous avons parlé ailleurs (chant ii) du talent de Benserade. Ce successeur de Voiture était l'amuseur des salons littéraires et de la Cour. Il entrait à l'Académie, en cette même année 1674; ^^ n'avait pas encore publié les Rondeaux qui révoltèrent le goût de Boileau. Plus tard, en lisant cette caricature mignarde des Métamorphoses, Boileau se repentit de la louange par lui décernée à ce facile génie : ** M. Despréaux a

1. T. I, p. 168. (V. Œuv, de Mol.j Gr. Écr.deFr,, t. II, p. 24.)

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