‹ L'art poétique de Boileau (volume 2)Chapitre 110 sur 153 · I. Menagiana, — 2. il mars 1671. — 3. 14 mai · texte numérisé non relu

I. Menagiana, — 2. il mars 1671. — 3. 14 mai

chacun, des Madrigaux, des Stances, des Couplets,qui convenaient également au rôle et à la personne de lacteur.Il y fallait de la délicatesse, de Tà-propos ingénieux. Benserade avait tout cela; mais ces petites œuvres de circonstance, ces fadeurs galantes, ne sauraient être placées sur la même ligne que les Fables ; n'en déplaise à Madame de Se vigne.

" Que Segrais dans l'Églogue en charme les forêts;

Boileau paye une dette envers le bucolique. Segrais avait loué Boileau : " Ne faut-il pas avouer que les " plus belles Satires des Anciens n*ont point plus de " force, ni plus d'agrément que celles de M. Despréaux; " et que sa versification est beaucoup au-dessus de la " leur (') ? " Les Églogues de Segrais étaient publiées depuis bientôt quinze ans. Elles avaient salué Taurore du grand règne et les premiers exploits du Roi! Voici comme les bergers du Théocrite normand chantaient la glorieuse paix des Pyrénées :

Acanthe,

" La mère de Louis, qui dès ses premiers jours " Domptait les sangliers et terrassait les ours, (!) " La mère du Berger, dont les grands pâturages " De l'une et l'autre mer bordeot les longs rivages, *' Anne a fait ce miracle; elle a fléchi les dieux " Par les dévots soupirs d'un cœur humble et pieux. "

Cette Bergère Anne (d'Autriche) avait aussi demandé secours au Berger Jules (Mazarin), lequel offrit un sacrifice d'églogue à l'Olympe:

" Il offre seulement, avec le pur encens,

** Nos odorantes fleurs, nos rustiques présents;

" Son âme humaine et douce et ses mains innocentes

" Du sang de nos agneaux furent mênies exemptes.

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