‹ L'art poétique de Boileau (volume 2)Chapitre 114 sur 153 · I. Brossette. — 3. Merc, GaL^ t. III, p · texte numérisé non relu

I. Brossette. — 3. Merc, GaL^ t. III, p

Fléchier avait rimé sur le même stratagème des Bataves :

" Tu sais qu'ils inondent eux-mêmes

" Les sillons qu'ils avaient semés.

" Ils évitent le fer, et Vonde les ravage ; " Ils augmentent leurs maux en croyant les guérir; " lis cherchent leur salut dans leur propre naufrage, " Et périssent enfin, de crainte de périr ('). "

Deux ans avant la publication de la Poétique, le P. de la Rue avait conté en hexamètres virgiliens la rupture des écluses hollandaises. Corneille avait ainsi traduit ce passage : Qui pourrait ** ne pas s'étonner ", à la pensée

" Des orageux reflux d'une mer écumeuse,

" Des trois canaux du Rhin, de ITssel, de la Meuse,

** De ce climat jadis si fatal aux Romains,

" Et qui défie encor tous les efforts humains,

** De ces flots suspendus, oii l'art soutient des rives,

" Pour noyer les vainqueurs dans les plaines captives !"

Si Boileau a lu ces deux derniers alexandrins, il a dû en être jaloux. Boileau avait omis d'inviter les fabulistes au concert des chantres du Roi. Néanmoins cette caste de poètes célébra aussi les victoires de Louis sur les Bataves. Le P. Commire les chanta sous une allégorie latine intitulée : Sol et Ranœ, dont La Fontaine a fait une paraphrase dans ses fables ('). Le Soleil, c'est le Roi : les Grenouilles, ** reines des étangs ". se révoltant contre 1' ** œil de la nature '\ et coassant dans leurs ** quatre méchants marais *\ ce sont les Hollandais retranchés derrière leurs digues,et bravant Louis XIV, du fond de leur ** républiqueaquatique" (3).

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