‹ L'art poétique de Boileau (volume 2)Chapitre 28 sur 153 · I. Corresp, Ed. Laverdet, p · texte numérisé non relu

I. Corresp, Ed. Laverdet, p

** règles de la construction, il faudrait dire : Au vesti-

*' bule obscur il marque une autre place que celle qu'on lui veut donner, et approuve Tescalier tourné d'une autre manière qu'il n'est. Mais cela se sous-entend sans peine : et où en serait un poète, si on ne lui passait, je ne dis pas une fois, mais vingt fois dans un ouvrage ces subaudi? Où en serait M. Racine,

** si on luiallait chicaner ce beau vers, que dit Hermione

** à Pyrrhus, dans X Andromaque :

*'yî? f aimais inconstant; qu' eusse-je fait fidUe ?

** qui dit si bien, et avec une vitesse heureuse : Je '* t'aimais lorsque tu étais inconstant ;qu'eussé-je fait (') *' si tu avais été fidèle ?

** Ces sortes de petites licences de construction, non ** seulement ne sont pas des fautes, mais sont même '* assez souvent un des plus grands charmes de la ** poésie ; principalement dans la narration, où il n'y ** a point de temps à perdre. Ce sont des espèces de ** latinismes dans la poésie française, qui n'ont pas *' moins d'agréments que les héllénismes dans la poésie '* latine ("). "

Voilà bien un modèle de défense et de critique. Boileau n'introduisait en ses vers '' faits de génie " un mot, une tournure, une licence, qu'à bon escient. Brossette fut désolé ; il se répandit en excuses et demanda pardon. Boileau à son tour se crut obligé de consoler son admirateur. A cet effet, il lui envoya une énigme, par lui composée à l'âge de dix-sept ans ; et il assura son cher Brossette que l'on avait bu, dans Auteuil,

1. M. Gidel fait observer que Racine avrait écrit " aurais-je " et non pas " eussé-je ". Boileau citait sans doute de mémoire. ( V. Œuv .de Boit, Ed. Gidel, t. IV, p. 485.)

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