‹ L'art poétique de Boileau (volume 2)Chapitre 30 sur 153 · V. dans La Bruyère, Irlne et \ Oracle tVEpidaure · texte numérisé non relu

V. dans La Bruyère, Irlne et \ Oracle tVEpidaure

2. Mœurs et Coût, des Franq.^ p. 103-7. Galien était tellement à la mode, que Loret appelle les médecins les " Galénistes. " (4 oct. 1659.)

très maladroit ** docteur de la rhubarbe et du séné ". Sa réputation est consacrée par ces vingt-quatre hexamètres, accompagnés de la dite anecdote, en guise de finale. Et ces deux douzaines de vers, avec la plaisanterie en prose, dureront plus longtemps peut-être que la splendide colonnade du Louvre, chef-d'œuvre du médecin Perrault (').

Claude Perrault (frère de Nicolas, docteur en Sorbonne, et de Charles le défenseur acharné des modernes et l'auteur immortel des Contes de Fées), fut, tour à tour, ou à la fois, médecin, littérateur, naturaliste et anatomiste, mathématicien, architecte, dessinateur, antiquaire très versé dans l'histoire de l'architecture. Cette science quasi-universelle ne doit pas faire oublier sa première profession. Claude Perrault fut médecin, mais non tel que Boileau s'est plu à le dépeindre. Il jouit même d'une si grande estime près de la Faculté, que la Faculté plaça, par honneur, le portrait de cet ** assassin " dans ses écoles publiques. Non seulement Claude Perrault eut des droits à cet hommage des médecins, mais il en eut à la reconnaissance de Despréaux ; il le soigna ; et suivant l'affirmation très explicite de Charles Perrault, Claude sauva Boileau de ** deux dangereuses maladies (="). " Le Satirique répondit à cette assertion par l'Épigramme où il fait derechef rimer assassin et médecin :

" Ton Oncle (3), dis-tu, Tassassin, " M'a guéri d'une maladie ; " La preuve qu'il ne fut jamais mon médecin, " C'est que je suis encore en vie. "

1. Boileau affirme que cette colonnade n'est point Tœuvre de Perrault. Mais Boileau n'a point " parlé comme Thistoire. " (V. plus bas.)

2. Lettre de M, Perrault en réponse au discours sur POde. (V. Édit, Saint-Marc^ t. II).

3. Oncle figure là pour Fr^re, comme Florence^ figure, au début de ce chant, pour Paris,

Il répondit aussi, et plus longuement, en prose : ** Il est certain que Monsieur son frère ne fut jamais ** mon médecin. Il est vrai que lorsque j'étais encore ** tout jeune, étant tombé malade d'une fièvre assez ** peu dangereuse, une de mes parentes chez qui je ** ogeais, et dont il était médecin (') me l'amena ; et '* qu'il fut appelé deux ou trois fois en consultation par '* le médecin qui avait soin de moi. Depuis, c'est-à-dire '* trois ans après, cette même parente me l'amena une '' seconde fois, et me força de le consulter sur une *' difficulté de respirer que j'avais alors et que j'ai '* encore ; il me tâta le pouls, et me trouva la fièvre, '* que sûrement je n'avais point. Cependant il me con- ** seilla de me faire saigner du pied, remède assez *' bizarre pour l'asthme dont j'étais menacé. Je fus ** toutefois assez fou, pour faire son ordonnance dès le ** soir même(^). Ce qui arriva de cela, c'est que ma ** difficulté de respirer ne diminua point, et que, lelen- ** demain, ayant marché mal à propos, le pied m'enfla ** de telle sorte, que j'en fus trois semaines dans le ** lit. C'est là toute la cure qu'il m'a jamais faite, que je ** prie Dieu de lui pardonner en l'autre monde {^), "

Il y a loin de cette joyeuse histoire à l'affirmation de Charles Perrault : ** Il (mon frère) vous a tiré de ** deux dangereuses maladies, avec des soins et une ** application inconcevables (^). " Qui des deux a raison ? Toujours est-il que le médecin Claude avait

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