M élite, — Au Lecteur
Scarron avait résumé les effets de l'impression dans ce quatrain :
" C'est au Palais, chez les marchands, " Oh la vente mauvaise ou bonne " A tous ouvrages ôte ou donne " Le nom de bons ou de méchants (^). "
Montfleury avait osé accuser les pièces de son concurrent Molière, de ne se soutenir qu à la lecture :
" Si, quand il fait des vers, il les dit plaisamment,
" Ces vers sur le papier perdent leur agrément.
" On est désabusé de sa façon d'écrire ;
" L'on rit à les entendre, et Ton pleure à les lire ;
" Et de ces mêmes vers tels qui seront charmés
** Ne les connaissent plus quand ils sont imprimés (*). "
C'est bien un peu ce que TAlceste de Molière essayait de fairç comprendre à Oronte. Mais il est si doux de se voir imprimé.
Pourtant ** l'impression est Técueil ! " C'est une maxime de La Bruyère, écrite à la première page des Caractères. Et si Ton s'en rapporte à Madame de Sévigné, l'impression fit tort même à un chef-d'œuvre de Racine. Malgré sa vieille admiration pour Corneille, la vieille Marquise avait fort goûté la représentation diEsther à Saint-Cyr ; elle avait même qualifié cette pièce de ** belle Tragédie " ; mais à quelques semaines de là, elle écrivait à sa fille : ** Vous avez Est/ier ; " l'impression a fait son effet ordinaire ; vous savez que " M. de la Feuillade a dit que c'est une requête " contre l'approbation publique {^). "
Boileau en disant ** Te/ écrti,.. " pouvait sous-entendre d'autres noms propres que celui de la malheu-