‹ L'art poétique de Boileau (volume 2)Chapitre 82 sur 153 · I . Lettres ifc Boursault^ t · texte numérisé non relu

I . Lettres ifc Boursault^ t

Boileau, porta 1 aumône royale à son destinataire. Y a-t-il un seul mot de tout cela dans les pages de Boursault ?

Malgré le silence complet de Boursault, Brossette raconte le fait des deux cents louis, en s appuyant i° sur le témoignage de personnes vivantes ; il ne les nomme pas, mais il donne à supposer que leur récit concorde avec celui de Boursault; 2° sur une phrase de Racine (*), qui ne prouve rien en faveur de Boileau ; 3° sur le témoignage de Boursault : ** Ce fait..., dit Brossette, a été ** rendu public par l'impression, dans les Lettres de ** Boursault ('). " Longtemps après Brossette, mais fondé sur les mêmes documents, d'Alembert ^\\.( Éloge de Despréaux) que Boursault, ** qui n'aimait pas ** Despréaux ", consigna le fait dans ses Lettres. Notons seulement que Boursault, dans sa lettre, se déclare positivement réconcilié avec Despréaux. Taschereau vient ensuite, qui cite d'Alembert, puis Boursault : "Ce ** fait (des deux cents louis) raconté par Boursault..." ; puis Louis Racine (3), lequel ne dit pas un mot des deux cents louis (f). Je lis la même anecdote dans M. Paul Albert : ** Sur les instantes prières de Boileau, Louis ** XIV envoya au vieillard, 200 louis; Corneille mourut ** deux jours après (s). " Mais M. Paul Albert ne marque pas ses sources. Est-ce ainsi qu'on écrit l'histoire ^ Les deux historiens les plus sérieux et les plus complets de Boileau, Berriat Saint- Prix (^), et M. A. Gidel (^) mentionnent la belle conduite de Boileau pour le rétablissement de la pension de

I. Disc, à r Académie, Éloge de Corneille. — 2. V. Édit. de Saint-Marc, t. II, p. 38t. — 3. Histoire de Corneille^ L. III, et notes du même livre. — 4. Louis Racine {Mém. etc. r« p., fin) cite un passage de Boursault, sans faire mention des deux cents louis.— $.La LiiUfranq.^M XVI I" S. Éd. de 1875, P- 73-— ^- É^*^- ^® ^^^^^ ^' ^> P- XCVII et CXV. — 7. 1870, t. I, p. CCIX.

Corneille ; maïs ils se taisent sur l'affaire des deux cents louis.

Dans sa notice biographique sur Corneille ('), M. Marty-Laveaux mentionne la démarche de Boileau pour le rétablissement de la pension ; il s appuie sur Boursault et sur Louis Racine. Il ajoute : ** Le Roi ** envoya immédiatement deux cents louis ; ce fut La ** Chapelle, parent de Boileau qui fut chargé de les ** porter. Le P. Tournemine, qui met en doute Texac- ** titude de tout ce récit, convient toutefois de cette ** circonstance. Ce secours avait été bien tardif iTillustre ** poète expira peu de jours après l'avoir reçu. " M. Marty-Laveaux n affirme point que Boileau ait personnellement obtenu les deux cents louis; mais iL laisse voir qué,pour lui, Taumône des deux cents louis fut la conséquence immédiate des prières de Boileau.

Le P. Tournemine, dont on vient de lire le nom, écrivit sa Défense du grand Corneille contre le commentateur des Œuvres de M. Boileau-Despréaux, Tannée même où Brossette façonnait l'histoire des 200 louis, soi-disant d'après Boursault. Cette Défense de Corneille est une attaque en règle de Boileau et de ses procédés à l'égard du grand tragique. Le P.Tournemine s'inscrit en faux contre la double anecdote qui nous occupe, et nie énergiquement cette prétendue suppression de la pension de Corneille ('). Il poursuit en ces termes : " Pour les deux cents louis envoyés par le Roi au Grand ** Corneille, ^^^ de jours avant sa mort, le fait est vrai. ** Le Roi sut du P.de La Chaise que l'argent manquait " à cet illustre malade, fort éloigné de thésauriser, " et Sa Majesté lui envoya deux cents louis. Je ne

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